House of Gucci : la mode de fils en aiguille, racontée par un Ridley Scott (trop) prudent

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Entre amour, gloire et beauté, House of Gucci dresse le portait sombre et féroce d’une famille au sommet du luxe, prête à tout pour ne jamais tomber. Réalisé par Ridley Scott et porté par un casting 5 étoiles, le biopic offre un défilé de star éclatantes, mais peine à sortir des codes du genre, proposant alors un spectacle classique, bien que très soigné. 

Jeux de pouvoirs et trahisons, House of Gucci avait, sur le papier, tout d’un Trône de fer en or. Pas de Westeros, ni de dragons, mais une maison pleine d’ambition où argent, luxe et ambition faisaient rage. Pourtant, si le glamour noir enrobe le nouveau long-métrage de Ridley Scott, son classicisme le dessert, laissant un goût de regret amer en bouche. Et pour cause, le film tente sans véritablement oser, provoque sans jamais choquer et amuse, sans faire sourire. Une création élégante et sophistiquée, qui ne permet jamais de rompre avec la biographie linéaire pour s’autoriser la fantaisie proposée par la fiction. Le cinéaste fait ainsi dans la dentelle, alors qu’il aurait pu la déchirer.

Une mise en scène sage dans la maison du péché 

House of Gucci
© Universal Pictures

Adapté du livre The House of Gucci : A Sensational Story of Murders, Madness, Glamour and Greed, le biopic s’intéresse aux relations chaotiques entre les membres de la famille, mais suit avant tout la vie de Maurizio Gucci, fils de Rodolfo et héritier de l’empire. De sa jeunesse pleine de rêves à son assassinat en mars 1995, le film retrace son histoire tumultueuse, qui s’est rapidement obscurcie après sa rencontre avec Patrizia Reggiani. Tombé sous le charme de l’intrépide italienne, le jeune homme homme brillant et promis à un avenir radieux, se laisse petit à petit entraîner dans les méandres du mensonge et du complot, dynamitant ainsi une dynastie reine dans le royaume la mode. 

Les éléments de drama sont là. Ils sont puissants, forts, mais se perdent cependant dans une mise en scène tirée à quatre épingles qui traine parfois en longueur. Milan, Florence, Saint-Moritz ou le Lac de Côme, les décors sont beaux, soignés et peut-être même un peu trop. L’intrigue a ainsi tendance à disparaître derrière des vitrines chics et proprettes et en oublie de surprendre le public avec fracas. 

Lady Gaga prête à en découdre

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© Universal Pictures

Force indiscutable de House of Gucci, l’incroyable casting du film – dans lequel on retrouve Al Pacino, Jeremy Irons ou encore Salma Hayek – ne déçoit pas. Lady Gaga prouve une nouvelle fois que ses talents ne se cantonnent pas à la chanson et affirme ainsi son nouveau statut de grande actrice. L’interprète de Poker Face incarne ici une Patrizia Reggiani complexe, arriviste et avide de gloire, qui n’a pas peur de se lancer dans une Bad Romance pour s’assurer un avenir. Accent italien prononcé, look outrancier et ambivalence marquée, la comédienne américaine se la joue Marraine, à la Corleone pour livrer son dernier duel. Un costume qui lui va bien et lui offre ainsi la chance de briller une nouvelle fois sur grand écran.

A ses côtés, Adam Driver (Maurizio Gucci) reste fidèle à lui même, dans un jeu toujours sobre, sincère et captivant, contrastant alors avec un Jared Leto méconnaissable, qui donne davantage dans le burlesque que dans le dramatique. Physiquement métamorphosé, le célèbre comédien «transformiste» s’autorise ici quelques folies de composition pour se glisser dans la peau de Paolo Gucci, petit-fils de Guccio et cousin de Maurizio. Entre ses costards détonants, sa candeur enfantine et ses expressions imagées aussi grossières qu’inattendues, ce personnage haut en couleur crève l’écran. Avec lui, la démesure tant attendue arrive, mais ne s’étend malheureusement pas au reste du film. En résulte un spectacle un peu trop Rigoletto et pas assez Tom Ford.

Alexia Malige

Alexia Malige

Journaliste

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