« J’ai détesté ça ! » quel ancien catcheur a regretté ses débuts d’acteur ?
Publié le Par Alexia Malige
Aux Etats-Unis, les catcheurs sont nombreux à passer du ring aux tapis rouges, abandonnant l’effervescence des combats pour celle des plateaux hollywoodiens. Une reconversion habituelle, mais pas toujours facile, qui peut parfois faire perdre pied aux stars de la WWE. La preuve avec cet ancien champion, qui a bien failli tourner le dos aux films avant même que sa carrière n’explose.
Il sait faire le spectacle et a toujours eu un talent inné pour ça, que ce soit sur les rings de la WWE (World Wrestling Entertainment) ou sur les plateaux de tournages de Los Angeles. John Cena est aujourd’hui une véritable vedette américaine, aussi bien connue pour ses prouesses de catcheur, que ses succès en tant qu’acteur. Pourtant, cette évolution dans sa carrière ne s’est pas passée de manière aussi fluide que ce que l’on pourrait penser et celui qui a longtemps été surnommé The Prototype a donc dû se faire violence pour poursuivre son expérience au cinéma.
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« Je n’étais absolument pas prêt »

Dans une interview accordée à Variety en été 2025, John Cena est revenu sur les grands moments qui ont marqué sa carrière de comédien, comme de catcheur. À cette occasion, l’acteur, désormais âgé de 48 ans, s’est confié sur ses débuts hollywoodiens compliqués, révélant notamment que le monde du cinéma lui avait semblé beaucoup trop lent et ennuyeux au départ.
« Quand je suis parti tourner The Marine en 2004 ou 2005, mon Dieu, je venais de connaître un succès fulgurant à la WWE : j’étais champion du monde, je changeais de ville tous les soirs, 320 jours par an, et le public était en délire », a-t-il d’abord raconté. « Et puis, me voilà en Australie, plongé dans un silence de cathédrale, pour tourner une seule explosion par jour. J’ai détesté ça, car je n’étais absolument pas prêt. Je n’appréciais pas la patience que cela demandait ». Il affirme même que l’attente forcée sur les plateaux de tournage l’a « rendu amer » au début de sa carrière au cinéma.
« Quand je repense à ma carrière, je me rends compte que je n’ai pas su apprécier ces opportunités. D’ailleurs, j’ai tourné dans pas mal de films médiocres, et c’est pour ça que j’ai arrêté le cinéma pendant un temps. J’aurais dû être mis à la porte. Je n’ai pas su les apprécier, je voulais être ailleurs, et je faisais des films uniquement pour vendre plus de billets pour le catch. C’est acceptable, mais je ne m’investissais pas pleinement, c’est-à-dire dans mon personnage sur le plateau et dans la reconnaissance du rôle de chacun. »
John Cena a dû apprendre à « embrasser la patience » pour faire du cinéma…

Heureusement, le processus de création et de fabrication d’un film a fini par le séduire et il s’est peu à peu habitué à ce fonctionnement, jusqu’à être capable de l’apprécier. Interrogé sur son expérience sur Fast & Furious 9, dans lequel il incarne le frère de Dominic Toretto, Jakob, John Cena a disséqué la scène de combat qui lui était montrée sur un écran, expliquant bien comment un court passage comme celui-là prenait énormément de temps à mettre en boîte.
« Une séquence comme celle-ci est très différente de la WWE. La séquence avec Dwayne Johnson, par exemple, était une performance de 25 minutes. Ici, c’est tourné sur trois jours. On se repose beaucoup sur l’équipe de cascadeurs pour proposer les choses les plus cool. Mais cela prend du temps de se faire tacler contre un mur et que la moitié du mur s’effondre, cela prend du temps de mettre un mec sur une nacelle pour glisser jusqu’à vous et qu’il vous fasse passer par la fenêtre. C’est une tout autre séquence juste pour un tir au fusil pour lancer la zip line… Il faut embrasser la patience et cela a été la chose la plus difficile à surmonter pour moi ». Malgré tout, John Cena garde un excellent souvenir de ce tournage et affirme que « affronter Dom Toretto est un rêve devenu réalité ».
…et à sortir de sa zone de confort

Toujours dans cette même interview, John Cena est également revenu sur le tournage du film Crazy Amy, sorti en 2015, qui s’est révélé être sa première véritable expérience de cinéma en dehors de la WWE. Une expérience nouvelle, où il n’a pas été amené à tourner de scènes d’action, mais où il a dû s’essayer à l’improvisation.
« Je suis dans la pièce avec plein de comédiens professionnels. Et je n’en suis pas un. Mais je n’ai pas eu peur de dire quelque chose qui n’était pas drôle. Amy Schumer et Judd Apatow ont préparé le terrain pour ça. Ils m’ont dit : ‘On ne gardera que les plus drôles, donc dis tout ce qui te passe par la tête’ ». Cette bienveillance et cette simplicité, l’ont alors aidé à se lancer « sans avoir peur », gagnant ainsi un peu plus d’assurance en tant qu’acteur.
Aujourd’hui, John Cena ne cesse de multiplier les projets, apparaissant dans des œuvres très variées, allant du caméo loufoque dans Barbie à la série de super-héros Pacemaker, dans laquelle il tient le rôle principal depuis 2022. Récemment, les fans ont pu le voir dans Superman, Heads of State ou encore la série d’AppleTV+ Pluribus, où il a fait une apparition dans un épisode.
Alexia Malige
Journaliste
Journaliste depuis 2020 chez Serieously, Alexia Malige dévore les films, livres et séries en quantité bien trop démesurée. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, le temps s’accorde toujours à ses envies d’ailleurs et de magie. Et si l’automne est, pour elle, propice aux fictions saupoudrées de cannelle à la Gilmore Girls et Downton Abbey, elle sait aussi se tourner vers des récits bien moins tendres, à l’image de Vikings, Fourth Wing, Peaky Blinders ou Game of Thrones. Des goûts très variés donc, oscillant entre Disney, fantasy, Histoire et comédie absurde qui l’ont conduite à interviewer des célébrités issues de divers horizons comme Brad Pitt, Taron Egerton, Alex Høgh Andersen, Zendaya ou encore l’espiègle Hugh Grant.