L’Hermine : quelle (terrible) histoire vraie a inspiré le film avec Fabrice Luchini ?
Publié le Par Mathilde Fontaine
Lors de sa sortie en salles, L’Hermine a marqué les esprits pour de nombreuses raisons, notamment par la performance de Fabrice Luchini, sacré à la Mostra de Venise. Si le long-métrage dépeint avec une précision chirurgicale les rouages d’une cour d’assises, son point de départ s’ancre dans une réalité bien sombre : un crime particulièrement violent qui a secoué le nord de la France. À l’occasion de la diffusion du film ce 16 mars sur France 3, Serieously revient sur cette sordide histoire vraie.
Aux commandes de L’Hermine, Christian Vincent souhaitait avant tout retrouver Fabrice Luchini, 25 ans après son travail avec l’acteur sur La Discrète. De son côté, le producteur Mathieu Tarot, passionné par l’univers judiciaire, veut exploiter cette idée. C’est ainsi que le duo voit en l’acteur un président de Cour d’assise. Pour donner naissance à leur idée, le réalisateur a donc eu à cœur de se documenter et de se rendre à des procès.
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L’Hermine : un crime sordide comme point de départ

Si c’est lors d’assises qu’il a pris conscience du fait que les salles d’audience pouvaient ressembler à des scènes de théâtre, c’est au cours d’un procès en particulier que Christian Vincent a eu l’idée de son film. Le point de départ du scénario de L’Hermine s’est en effet fait après un procès au tribunal de Bobigny, où quatre hommes étaient accusés de viol en réunion dans un local poubelle.
« Malgré le huis clos, avec l’accord des parties, j’ai pu assister au procès ‘côté cour’, comme n’importe quel élève magistrat. A chaque suspension de séance, j’accompagnais le Président, ses deux juges assesseurs, sa greffière et les neuf jurés dans ce que l’on peut appeler les coulisses« , explique-t-il dans le dossier de presse.
« Et puis j’ai immédiatement renouvelé l’expérience, à la cour d’assises de Paris cette fois-ci. Un jeune homme était accusé d’avoir égorgé son amant. A partir de là, je pouvais commencer à écrire. J’avais les éléments qui me permettaient de le faire. Pour que le film soit juste, il fallait que la partie documentaire le soit. »
Entre fiction romantique et réalité judiciaire

Si le crime qui l’inspire est bel et bien réel, le film prend une trajectoire singulière en mêlant l’enquête à une intrigue sentimentale. L’Hermine ne se contente en effet pas de retracer un procès, mais observe comment la présence d’une femme jurée, interprétée par Sidse Babett Knudsen, vient bousculer les certitudes du juge Racine.
C’est ici que la fiction reprend ses droits : transformer une affaire criminelle en un huis clos humaniste où la justice humaine tente de se frayer un chemin. En s’appuyant sur ce contraste entre la noirceur des faits et la naissance d’un sentiment, le long-métrage parvient à rendre hommage à la complexité du système judiciaire français sans jamais trahir la mémoire de l’affaire dont il est issu.
Mathilde Fontaine
Rédactrice en chef - Journaliste
Rédactrice en chef de Serieously, Mathilde Fontaine est passionnée de cinéma et de séries depuis qu'elle a prononcé et pu écrire ses premiers mots. Amoureuse des grands classiques dans lesquels elle aime se replonger, elle est toujours à l’affût d’une nouveauté à regarder, à commenter, et à partager. Autant fan de Friends que de Columbo, du Parrain que de La Boum, de The Office que de Reservoir Dogs, elle a pu interviewer des personnalités comme John Krasinsky, Jon Hamm, Pio Marmaï, Léa Drucker ou Gérard Jugnot, et a couvert des festivals comme Les Arcs ou le Festival de Cannes 2025.