Prise au piège (M6) : notre interview de Manon Azem

4 décembre 2019 - 14h25

À partir de ce mercredi 4 décembre, M6 diffuse Prise au piège, adaptée de la série Vis a Vis d’Álex Pina, le créateur de La Casa de Papel. Serieously a rencontré Manon Azem, qui joue le rôle de Malika, l’une des détenues de cette incroyable prison.

 

Le personnage de Malika est très sombre. Est-ce que vous avez quand même de l’empathie pour elle ?

J’en ai toujours, j’ai toujours aimé les personnages que j’ai interprétés parce que je pense que c’est la seule façon de les défendre. On ne se ressemble pas du tout mais c’était assez intéressant d’avoir un personnage qui soit aussi éloigné de moi, qui suis plutôt positive. Interpréter une nana aussi dure, froide et mystérieuse était un vrai challenge pour moi.

C’est vrai que c’est une personne qui va droit au but sans prendre de pincettes…

Elle ne prend pas de pincettes et, en même temps, elle est très sournoise. Quand on a commencé à travailler avec Karim Ouaret [le réalisateur, ndlr], j’avais facilement envie de rentrer dans l’image archétype de la méchante de prison. Lui avait envie d’un truc plus vicieux, malicieux, plus lent. Et c’est le travail qu’on a fait.

La série est l’adaptation de la série espagnole Vis a vis d’Álex Pina. L’avez-vous regardée ?

Non, on ne l’a pas vue parce qu’on ne voulait pas. C’était un choix de la production et des acteurs, on trouvait ça intéressant de créer nos personnages. Je n’avais pas envie de recopier quelque chose de déjà fait, ou de m’inspirer consciemment ou inconsciemment de l’interprétation d’une autre comédienne. En plus, c’est une adaptation de Vis a vis donc on pouvait se permettre de créer nos personnages et de travailler avec ça.

On pense beaucoup à Orange is the New Black en regardant la série…

Oui, il y a forcément un lien avec Orange is the New Black parce que ce sont des femmes en prison et qu’elles ont un costume. Je n’ai pas forcément trouvé de lien particulier avec cette série. Ce qui est super avec ces séries-là, c’est le rapport communautaire que l’on n’a pas en France. On est centrés sur la descente aux enfers d’Anna Rivière, plus que de voir ces femmes évoluer en prison. Et puis il n’y a que six épisodes donc c’est plus intense.

La série est très inspirée des prisons américaines. Est-ce que vous avez lu des choses ou regardé des reportages pour en savoir plus sur ce domaine ?

J’aurais rêvé avoir la possibilité de rentrer dans une vraie prison, mais on n’a pas beaucoup de temps, on a un mois de préparation à peine. J’ai regardé pas mal de séries et de documentaires sur les femmes en prison, mais toujours aux Etats-Unis. On n’a pas le même rapport à la prison, aux rapports communautaires. Égoïstement, on ne voulait pas mettre le personnage de Malika dans une case donc j’ai eu du mal à l’associer avec des images que j’avais vues dans des documentaires. Ou alors on était dans un rapport street, banlieue, que Karim Ouaret ne voulait pas.

Ce que l’on retient de Malika, c’est aussi son tatouage de serpent très impressionnant sur son bras gauche. Est-ce que ça demandait beaucoup de temps de préparation ?

45 minutes tous les matins. On n’avait rien sur la tête, on n’était pas maquillés mais par contre gros temps de préparation sur le tatouage. Mais je ne m’en suis jamais plaint parce que j’y tenais. Quand j’ai lu le scénario et que j’ai vu qu’il y avait un tatouage – qui n’était pas un serpent à la base mais un truc beaucoup moins bien – j’espérais qu’ils n’allaient pas l’enlever. Quand j’ai rencontré Karim Ouaret et la production, je les ai suppliés de laisser le tatouage pour l’endurcir. On a longtemps travaillé dessus et ils ont trouvé cette idée formidable du serpent qui s’enroule, qui est assez subtil, que j’aime beaucoup et qui va très bien à Malika.

Vous avez fait beaucoup de doublages et la voix de Malika est particulière, très rauque. Est-ce que c’est aussi quelque chose que vous avez travaillé ?

Absolument. Karim Ouaret avait très envie d’avoir cette voix posée, presque suave que je n’avais jamais vraiment utilisée dans ma vie. Je n’avais jamais osé descendre en tessiture. Je pense que cela a amené une profondeur au personnage.

La prison dans laquelle la série est tournée est dingue. Qu’est-ce que vous vous êtes dit quand vous y êtes allée la première fois ?

C’était incroyable, l’entrée dans ce dôme est assez violente. Je crois que c’est l’un des plus beaux décors de ciné que j’ai vus de ma vie. Outre sa grandeur, de par son son énergie aussi. Il faut savoir que c’était une vraie prison, qui a donc vraiment été habitée, les cellules ont vraiment vécu des histoires. Il y a cette espèce de tension qui est présente et assez glaçante, mais qui nous a vachement rapprochés. On était très soudés et il y avait une très bonne ambiance. C’était aussi pour contrebalancer les énergies très deep.

Quand une équipe entière part aux Pays-Bas pour tourner une série, est-ce qu’il y a une ambiance différente d’un tournage plus classique en France ?

Les tournages à Paris et à l’étranger non rien à voir, pour la simple et bonne raison que l’on se retrouve tous ensemble dans le même hôtel, on dîne ensemble le soir, on part ensemble le matin. Il y a une vraie cohésion, c’est une vraie famille qui se crée. On est tous ensemble pour le même projet. On s’est fait une vraie bande de potes et on était tous soudés.

 

Interview : Clément Rodriguez

Montage : Anna Cordier

Clément Rodriguez
Journaliste
clement@serieously.com

Je suis le fils spirituel de Jake Peralta (Brooklyn 99) & Roland (Plus Belle La Vie).
En ce moment, mon Snack&Chill idéal c'est des madeleines et du chocolat chaud devant Desperate Housewives.
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