Mastemah : Camille Razat, “Dans le film on appuie beaucoup plus sur l’angoisse et le malaise” (INTERVIEW)

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Changement de cap radical pour Camille Razat. Après les paillettes et le glamour d’Emily in Paris, la jeune actrice française se frotte à l’univers sombre de Mastemah, un thriller horrifique. Rencontre.

Dans Mastemah, pas de Gabriel, pas d’Emily ni de rues parisiennes et de robes de créateurs. Loin d’Emily in Paris, où elle incarne Camille, Camille Razat évolue dans le rôle de Louise, une jeune psychiatre qui pratique l’hypnose. Lorsqu’un de ses patients se suicide, Louise part dans un petit village au pied des montagnes pour exercer. C’est alors qu’elle croise la route de Théo (Olivier Barthélémy) en proie à de drôles de cauchemars diaboliques. Très vite, la vie de Louise va, elle aussi, basculer. Car la jeune femme pourrait bien être la cause de tourments de ce patient perturbé…

À l’occasion de la sortie en salles du film, Serieously s’est entretenu avec Camille Razat.

Après Emily in Paris, Mastemah pour toi est un énorme changement de registre. Comment es-tu arrivée sur ce film ? 

Camille Razat : Je suis arrivée sur ce film parce qu’Olivier Barthélémy m’a appelée un 25 décembre, le seul moment que je peux passer avec ma famille. Et j’ai dit “putain relou, il m’appelle le jour de Noël”… Il m’a parlé du scénario que je devais lire pour le lendemain matin. Et là, grosse surprise. Je passe la nuit à lire le scénario, je l’engloutis, je n’arrive pas à m’arrêter.

C’est sa différence qui t’a séduite ? 

Camille Razat : J’ai beaucoup de points communs avec Louise. J’adore tout ce qui est occulte, paranormal…Ça me parle. Je suis fascinée par ça ! Et aussi parce que j’ai très vite compris en lisant le scénario que ce rôle me demanderait un travail de recherche, notamment sur la psychiatrie et sur l’hypnose. Je me suis moi-même lancée un challenge que j’avais très envie de mener au bout. C’est aussi un grand écart et dans ma carrière d’actrice, en tout cas, je ne veux pas qu’on me mette dans une case.

Justement, peux-tu nous parler de ta préparation et du processus pour ton rôle de Louise ? 

Camille Razat : Tu vois, quand tu tapes hypnose sur YouTube tu tombes forcément sur Messmer. Mais là, ce n’est pas le genre d’hypnose qui m’intéressait. C’est un très bon hypnotiseur, là n’est pas la question mais c’est pour le show. Heureusement, j’ai la chance que la mère de mon copain soit psychiatre. J’ai pu lui poser toutes les questions que j’avais à ce sujet. Elle m’a donné plein de petits conseils et notamment sur la gestuelle. Par exemple, adopter les mimiques de quelqu’un peut permettre de mettre la personne en confiance. Je me suis aussi rapprochée d’un hypnotiseur avec qui j’ai gardé une correspondance pendant tout le tournage du film. Il m’a donné certaines clés à maîtriser : la voix, la diction précise, la formulation de certaines phrases “vous êtes ici et maintenant”…

As-tu aussi été chercher de l’inspiration du côté de certains classiques de l’horreur ? 

Camille Razat : Je suis vraiment restée focus sur le côté médical du film. Le problème quand tu vois des films d’horreur géniaux avec des acteurs géniaux qui jouent le même rôle que toi, c’est que inconsciemment tu as envie de les copier. Donc, au contraire j’ai évité de regarder des films sur cette thématique pour vraiment faire ma proposition. Dans Mastemah on appuie beaucoup plus sur l’angoisse et le malaise. C’est bien plus psychologique que visuel.

Est-ce que tu as une référence absolue en matière d’horreur ?

Camille Razat : C’est It Follows. Le scénario est tout con : c’est un virus qui se transmet par le toucher et le truc qui t’arrive, c’est que quelqu’un te suit alors en permanence. Ça paraît con mais j’ai rien vu de plus angoissant de toute ma life ! Il n’y a pas de sang, il n’y a rien. Mais moi, pendant deux semaines je regardais derrière moi car je n’étais pas sereine !

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© Comic Strip Production

Mastemah est beaucoup dans la suggestion. Est-ce qu’il y a eu des scènes plus difficiles que d’autres à tourner pour toi ? 

Camille Razat : Il y a une scène qui a été difficile physiquement. La scène de la danse, car il était très tard dans la nuit, c’était la fin du tournage et tout le monde était super fatigué. Il faut dire qu’en plus, il neigeait donc il faisait vraiment froid. On était en Aubrac donc on parle de -5, je porte une robe alors que si j’étais nue c’était la même chose ! Je suis pieds nus sur un sol glacé à côté d’un brasier qui fait 8 mètres… Ça c’était dur physiquement !

Mastemah est un film à petit budget plutôt hybride, comment est-ce que toi tu le qualifierais ? 

Camille Razat : C’est un ovni ! Il y a en effet pas mal de genres qui se mélangent, j’appellerais ça un thriller horrifique. Dans le sens où finalement ça appuie sur le système de l’angoisse, mais aussi horrifique, il y a des éléments un peu surnaturels… Et il y a aussi un univers clipesque ! Qui vient de la part de Didier D. Daarwin, c’est lui qui réalise les clips d’IAM depuis 25 ans, donc évidemment il y a des effets que ce soit de transition ou de montage ! Mastemah est un objet difficile à qualifier qui pourrait être dans un musée.

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© Comic Strip Production

Aurais-tu un argument imparable à avancer pour les gens frileux des films d’horreur ?

Camille Razat : Si on a peur des films d’horreur, vraiment on n’est pas dans l’horreur pure et dure. Il n’y a rien de gore, pas de sang, pas de trucs dégueulasses. Il y a quelques sursauts mais finalement très peu, c’est plus sur la corde sensible du stress ! Il ne faut pas avoir peur d’aller le voir ! Quand on dit horreur, les gens pensent vraiment à des films comme Saw, des trucs dégueulasses que moi j’adore !

Ce serait quoi la recette idéale selon toi pour un film d’horreur réussi ? 

Camille Razat : C’est très simple ! Il ne faut pas s’attendre à la fin. Le problème, j’ai tellement regardé de films d’horreur, c’était notre rituel du mercredi soir avec ma mère, que j’ai pris tous les mécanismes. Je suis à la moitié du film et je sais déjà comment ça va se terminer. Et pour ça, Mastemah est un pari réussi ! Tu te fais trimballer tout le long et à la fin tu te dis “merde, je l’avais pas vu venir”.

As-tu d’autres projets qui arrivent prochainement ?

Camille Razat : Nous sommes en train de tourner la saison 3 d’Emily in Paris. Ensuite j’ai un film qui s’appelle Les Prodigieuses que je vais commencer à tourner en décembre, avec Mélanie Robert, l’une de mes meilleures amies ! C’est l’histoire de deux soeurs jumelles qui sont des prodiges du piano, sauf qu’elles ont une dégénérescence des os. Ces femmes sont toujours en vie et comme elles ne peuvent plus jouer une partition seule de A à Z, elles jouent chacune une note. Et ce film racontera leur histoire.

Mastemah est à retrouver dans les salles obscures dès le 29 juin.

Amandine Rouhaud

Amandine Rouhaud

Journaliste

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