Perceval, Rocky… 5 personnages qui ont quitté une saga sans explication

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Malgré la magie du cinéma, parfois les coulisses prennent le pas sur les plus belles sagas du grand écran. Désaccords, tensions ou simples envies d’ailleurs, découvrez les raisons derrière les disparitions de ces personnages culte de vos films préférés.

On a tous des personnages favoris dans des sagas culte. Que ça soit pour leurs histoires, leur style ou leurs dialogues, les personnages principaux ou secondaires qui ont marqué le public du grand écran ne manquent pas. Mais que se passe-t-il quand les coulisses viennent se mêler à une histoire incomplète ? Des personnages iconiques qu’on aurait voulu voir continuer d’évoluer disparaissent, sans plus d’explication. En voici 5 exemples marquants.

Rocky Balboa dans Creed

Rocky et Adonis Creed dans Creed
© Warner Bros.

Difficile d’imaginer un film de la saga Rocky sans… Rocky lui-même. Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé avec Creed III, sorti en 2023. Après avoir été le mentor d’Adonis Creed (Michael B. Jordan) dans les deux premiers volets, l’Italien au grand cœur incarné par Sylvester Stallone disparaît purement et simplement de l’écran. Son nom est vaguement mentionné, mais aucune explication n’est donnée à son absence, ce qui a laissé beaucoup de fans perplexes. C’était la première fois depuis 1976 qu’un film de l’univers Rocky se faisait sans lui.

En coulisses, l’histoire est moins mystérieuse : Stallone n’a pas adhéré à la nouvelle direction plus sombre voulue par Michael B. Jordan, qui faisait ici ses débuts en tant que réalisateur, et par le producteur Irwin Winkler, avec qui l’acteur entretient une relation compliquée. “C’est une situation regrettable… J’aurais pris une autre direction, plus sentimentale. Moi, j’aime quand mes héros se font cogner mais qu’ils se relèvent. Je ne veux pas qu’ils plongent dans un espace trop sombre, parce que le public a déjà assez de noirceur dans la vie” a confié Stallone au Hollywood Reporter. Creed III a été un succès critique et public, mais il marque une rupture historique pour la saga. Pour beaucoup, l’absence de Rocky a laissé un vide énorme, presque aussi fort qu’un KO en plein ring.

Perceval dans Kaamelott

Perceval (Franck Pitiot) dans la série Kaamelott
© M6

C’est probablement l’absence la plus surprenante de la saga d’Alexandre Astier : Perceval ne sera pas au rendez-vous dans le second film Kaamelott. Interprété depuis 2005 par Franck Pitiot, le chevalier gaffeur et attachant est pourtant devenu l’un des piliers comiques de Kaamelott. Sa manière unique de ne jamais rien comprendre aux règles les plus simples, ses répliques culte ( » C’est pas faux« ) et sa complicité avec Karadoc en faisaient un personnage incontournable de la Table Ronde. Et pourtant, dans Kaamelott : Deuxième volet, attendu pour octobre 2025 puis novembre 2026, Perceval brillera par son absence. Une décision d’autant plus étrange qu’il figurait bien dans Kaamelott : Premier volet en 2021.

Officiellement, aucune explication claire n’a été donnée. Plusieurs sources rapportent que Franck Pitiot n’a tout simplement pas souhaité participer au tournage, sans en dire davantage. Un choix qui laisse les fans dans le flou le plus total et qui nourrit toutes les théories : Perceval serait-il parti seul en quête du Graal, à l’écart du reste du groupe ? Son absence cache-t-elle un retour triomphal dans le troisième film ? Est-il rentré sur sa planète comme le pensent les fans qui lui théorisent une origine extra-terrestre ? Alexandre Astier, fidèle à son style énigmatique, préfère évoquer une logique d’évolution naturelle : « Des histoires qui vont, qui viennent, qui disparaissent ou surgissent, comme les acteurs : ceux qui ne sont plus là, ceux qui y sont encore, ceux qui nous ont rejoints… », a-t-il expliqué.

Tom Hagen dans Le Parrain

Tom Hagen dans Le Parrain
© Paramount Pictures

Dans Le Parrain et Le Parrain II, Tom Hagen (incarné par Robert Duvall) est bien plus qu’un simple conseiller juridique. Fils adoptif de Vito et Carmela Corleone, recueilli après la mort de ses parents, il devient un membre à part entière de la famille. Calme, réfléchi et loyal, il incarne la voix de la raison au milieu des intrigues sanglantes et des conflits de pouvoir qui secouent les Corleone. Son rôle de consigliere, l’homme de confiance du parrain, en fait une pièce centrale dans l’équilibre fragile de l’empire familial. Pourtant, à la sortie du Parrain III en 1990, un détail frappe immédiatement les spectateurs : Tom Hagen est absent. L’histoire mentionne brièvement sa mort, sans aucune explication ni scène de transition. Cette disparition brutale laisse un vide dans la dynamique de la famille, et nombreux sont les fans à s’interroger encore aujourd’hui : pourquoi Francis Ford Coppola a-t-il choisi de se passer d’un personnage aussi essentiel ?

La réponse se trouve en coulisses. Après le triomphe des deux premiers volets, Robert Duvall refuse de revenir. En 2004, il révèle dans une interview que la production lui a proposé un cachet dérisoire comparé à celui d’Al Pacino. « S’ils l’avaient payé deux fois plus que moi, d’accord. Mais pas trois ou quatre fois, comme ils l’ont fait« , lâche l’acteur, amer. Une offre… qu’il pouvait refuser. Sans Duvall, le scénario dut être réécrit. Au lieu de voir Tom Hagen évoluer dans un rôle d’ombre, tentant peut-être de maintenir l’honneur de la famille dans un monde en pleine mutation, Le Parrain III se contente d’annoncer sa disparition hors écran. À sa place, deux nouveaux avocats font leur entrée : B.J. Harrison (George Hamilton) et Dominic Abbandando (Don Novello), mais aucun ne parvient à recréer l’alchimie entre Tom et Michael Corleone.

Mikaela Banes dans Transformers

Transformers- Mikaela Banes interprétée par Megan Fox
© Paramount Pictures

La sulfureuse Mikaela Banes a sans aucun doute marqué les esprits des fans de Transformers. Avec le jeu de Megan Fox dans Transformers 2 : La Revanche et l’engouement pour sa relation avec Sam Witwicky, l’étonnement général n’a pas manqué quand elle a simplement disparu du 3e opus de la saga. Introduite comme la petite amie de Sam Witwicky (Shia LaBeouf), Mikaela avait conquis le public par son charisme et la performance de Megan Fox, devenue en quelques mois une véritable icône du box-office après les deux premiers films. Pourtant, alors qu’elle devait initialement revenir dans Transformers : La Face cachée de la Lune (2011), l’actrice a été brutalement écartée du projet à la suite d’une interview en 2009 où elle critiquait ouvertement le réalisateur Michael Bay, allant jusqu’à le comparer à Hitler sur ses plateaux.

« Il est comme Napoléon et il veut se forger cette réputation folle et infâme de fou. Il veut être comme Hitler sur ses plateaux, et il l’est. C’est donc un cauchemar de travailler pour lui (…) C’est un tyran. Shia et moi, on a failli mourir quand on a fait un film Transformers. Il vous fait faire des trucs vraiment fous que l’assurance ne vous laisserait jamais faire« . Cette déclaration, jugée insultante, aurait profondément déplu à Steven Spielberg, producteur exécutif de la franchise, qui aurait demandé son départ. Officiellement, le scénario a simplement écarté Mikaela sans réelle explication, précisant seulement qu’elle et Sam avaient rompu avant le troisième film. Ce choix narratif abrupt a laissé un goût amer aux fans, d’autant que le personnage avait été essentiel au développement de Sam dans les deux premiers volets.

Rick Moranis dans Ghostbusters

Louis Tully (Rick Moranis dans S.O.S. Fantômes)
© Columbia PIctures

Lui n’a pas simplement disparu d’une saga, mais des écrans de cinéma. L’absence de Louis Tully dans les nouvelles itérations de Ghostbusters a surpris de nombreux fans de la saga. Interprété par Rick Moranis dans les films originaux de 1984 et 1989, le comptable maladroit et attachant n’a pas repris son rôle pour le reboot de 2016 centré sur un casting féminin, alors que ses co-stars Bill Murray, Dan Aykroyd, Ernie Hudson et Sigourney Weaver ont tous accepté des caméos.

Moranis a expliqué en 2015 : « Je leur souhaite le meilleur, j’espère que ce sera génial. Mais ça n’a juste aucun sens pour moi. Pourquoi ferais-je une journée de tournage sur quelque chose que j’ai fait il y a 30 ans ? » En réalité, sa carrière avait déjà été mise entre parenthèses depuis 1997, lorsqu’il avait choisi de se retirer d’Hollywood pour élever ses enfants après le décès de sa femme. Depuis que ses fils sont grands, Moranis accepte occasionnellement des rôles, surtout dans le doublage, mais le retour à Ghostbusters ne l’a jamais attiré. Officiellement, le personnage est absent sans explication dans les films récents, même si des fans espèrent encore le revoir dans de futures suites de la saga culte, après son retour récent au cinéma.

Lucien Fougasse dans Le Gendarme

Jean Lefebvre (Lucien Fougasse) dans Le Gendarme se marie.
© SNC

La disparition de Lucien Fougasse dans les derniers volets de la saga Le Gendarme reste l’un des départs les plus commentés du cinéma français. Interprété par Jean Lefebvre, Fougasse avait été un compagnon comique indispensable de Ludovic Cruchot (Louis de Funès) depuis le tout premier film en 1964, devenant pour beaucoup une figure emblématique de la série. Cependant, alors que le comédien était présent dans les quatre premiers épisodes, il n’a pas repris son rôle pour Le Gendarme et les Extraterrestres ni Le Gendarme et les Gendarmettes. Les tensions en coulisses avec Louis de Funès semblent en avoir été la principale cause.

Selon plusieurs témoignages, Lefebvre reprochait à sa co-star d’avoir fait couper certaines de ses scènes, et le réalisateur Jean Girault se défendait en expliquant que les coupures avaient été faites pour le bien du film. D’autres sources indiquent que le producteur, exaspéré par les critiques de Lefebvre sur de Funès, aurait préféré ne plus le rappeler. L’acteur, pour sa part, aurait résumé sa décision par un désintérêt : « Je ne vais pas continuer à servir la soupe à monsieur Louis de Funès« . Malgré ces différends, Lefebvre et de Funès se sont réconciliés des années plus tard, enterrant la hache de guerre.

Khalil Auguste Ndiaye

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