Plan B : Axel Auriant, « C’est rare de voir des séries de ce genre » (INTERVIEW)

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Mélange de drame et de science-fiction, la mini-série Plan B arrive ce lundi 17 mai sur TF1. L’occasion pour Serieously d’échanger avec l’acteur Axel Auriant sur cette nouvelle expérience de télévision.

Située dans la ville de Marseille, Plan B suit le quotidien animé d’une femme pleine d’énergie et d’idéaux, qui jongle chaque jour entre ses deux enfants, Lou (Kim Higelin) et Félix (Axel Auriant), son ex-mari (Bruno Debrandt), son métier d’animatrice radio et son engagement pour la cause féministe. Un programme bien rempli, que Florence (Julie de Bona) parvient à gérer avec dynamisme et bonne humeur jusqu’au jour où tout bascule. Lou, sa fille de 16 ans, se suicide, laissant derrière elle de nombreuses questions sans réponses. Désespérée, Florence va alors avoir recours aux service de l’agence Plan B, afin de retourner dans le passé pour sauver son enfant.

Plan B série TF1
© TF1

Qu’est-ce qui vous a d’abord séduit dans le concept de Plan B ?

Ce que j’ai trouvé très intéressant, c’est que tous les personnages, principaux comme secondaires, évoluaient au contact de l’intrigue principale. Tout le monde avait des enjeux qui changeaient et un véritable arc narratif à défendre et à jouer. Au-delà de ça, c’est rare de voir des séries de ce genre. En général, le fantastique a tendance à biaiser le scénario et là, au contraire, il fait réellement partie de l’histoire et est totalement intégré dans la réalité de celle-ci. Je trouvais ça assez fort. Puis, j’ai beaucoup aimé le personnage de Félix à la lecture. Ce qui m’a plu, c’est son masque en quelque sorte, le fait d’essayer d’être un enfant modèle pour ne pas trop perturber l’équilibre de la famille. Ca se passe souvent comme ça quand il y a deux enfants, dont un avec des problèmes plus exprimés. L’autre a tendance à se mettre en retrait et à garder ses angoisses pour lui. J’avais l’impression que j’allais beaucoup m’amuser à construire ce personnage et à le jouer.

Comment décririez-vous Félix en quelques mots ?

C’est un garçon qui intériorise beaucoup de choses et qui essaie d’être un enfant parfait pour ne pas causer plus de souci à ses parents. Plus les épisodes avancent et plus on se rend compte que lui aussi est confronté à ses problèmes d’identité. Lui aussi est perdu, mais il le montre moins, il l’extériorise moins. Et comme souvent, je pense que les adolescents assez solaires cachent quelque chose et c’est là où est la profondeur de Félix.

Plan B série Axel Auriant Kim Higelin
© TF1

Étant fils unique, comment vous êtes-vous projeté dans cette relation de frère et sœur avec Lou (Kim Higelin) ?

Je me trompe peut-être car ce n’est pas quelque chose avec lequel j’ai vécu, mais je pense que ce sont des sentiments que nous connaissons tous. La relation de frère et sœur, c’est de l’amour, du respect, plein de valeurs qui sont communes et qui, au final, ont été assez congruentes avec des amitiés que j’ai pu avoir quand j’étais adolescent. J’ai un ami depuis la crèche qui est un frère de cœur. On disait qu’on était frères de lait… On n’est ni frères de lait, ni frères de sang, mais on est frères de cœur. Et même si ce n’est pas pareil que vivre tout le temps avec la même personne, je pense que ce sont des sentiments qui s’en rapprochent beaucoup.

Le rôle de Félix vous a-t-il alors permis de réfléchir à la relation que vous entretenez avec votre frère de cœur ?

Au-delà de ça, elle a interrogé beaucoup de problématiques liées à la famille et ça amène vraiment à réfléchir à notre relation au passé. Sociétalement on a un vrai rapport au passé. On a tendance, je trouve, à toujours juger les gens sur leurs erreurs, alors qu’au final, si l’on voit ça comme des expériences de vie, comme une période de construction, on réalise simplement que l’humain évolue. D’autre part, je pense qu’on grandit quand on commence à pardonner à nos parents, quand on commence à comprendre que malgré toutes les erreurs qu’ils ont pu faire, ils ont fait de leur mieux avec les armes qu’ils avaient. C’est ça qui est exprimé dans Plan B, cette relation familiale là. C’est aussi dur d’être adolescent que d’être parent. C’est une jolie série sur la famille, sur l’adolescence, sur plein de sujets.

Plan B s’intéresse au féminisme, à la santé mentale… Est-ce important pour vous de jouer dans des séries qui véhiculent des messages forts et engagés ?

J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir participer à des projets qui m’ont permis de profiter de cette parole publique-là pour défendre un message. Et puis, c’est vrai que je grandis énormément avec mes personnages à travers ce qu’ils vivent et ce que j’essaie de comprendre, de construire. C’est ce que j’aime beaucoup dans ce métier aussi ! On essaie d’évoluer au contact de nos personnages et pour ma part, je pense que ça m’a rendu un peu moins con.

Plan B série Axel Auriant
© TF1

Avez-vous été particulièrement touché par l’une des intrigues de Plan B ?

Plusieurs ! Honnêtement, que ce soit la problématique familiale, celle de l’adolescence ou du chagrin d’amour, je pense que ce sont des sentiments par lesquels on a tous été traversés. C’est vrai que moi, j’ai eu un premier chagrin d’amour grâce auquel je me suis orienté vers le théâtre. Du moins, j’ai rencontré le théâtre à cette période-là et ça a été un exutoire formidable. Ca m’a permis d’extérioriser plein de choses à travers les personnages. Et c’est un moment où l’on se montre vulnérable aussi. Dans l’adolescence, on se construit, on essaie, on se perd et c’est ce que je trouve assez beau. C’est que qui m’a beaucoup touché dans Plan B, cette complexité de sentiments, de plein de choses qui unissent une famille.

Quel a été le plus gros défi pour vous sur cette série ?

Ce que j’avais le plus envie de jouer, c’était le fait qu’on revive plusieurs fois une même scène dans des réalités alternatives, avec des relations et des enjeux différents à chaque fois. C’est ce que j’aimais beaucoup, mais c’était un vrai challenge aussi. Le réel défi, également, était de faire en sorte que le spectateur puisse être touché par l’histoire de Félix et essayer de le comprendre, alors que c’est un personnage très intérieur, qui exprime, en tout cas, moins de choses que ceux de Lou et Florence. Cela m’a permis de remplir plein de séquences de regards et de réactions et ça m’a beaucoup plu aussi.

Quels sont vos prochains projets pour les mois à venir ?

J’ai démarré samedi le tournage d’un film d’Arthur Dupont, avec Guillaume Gallienne, qui s’appelle Les mains vides. Je joue le personnage de Jacques, un jeune homme, sous l’occupation, en 1942. C’est l’histoire d’une bande de potes qui sont étudiants à la Sorbonne et qui s’interrogent sur leur manière de résister. Un très joli film !

 

Alexia Malige

Alexia Malige

Journaliste

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