Pourquoi y a-t-il autant de chansons dans les films d’animation Disney ?
Publié le Par Alexia Malige
Que vous ayez grandi dans les années 70, 90 ou 2000, votre enfance a forcément été marquée par les mélodies des studios Walt Disney. Des chansons entêtantes, qui vous sont toujours restées en mémoire et dont il vous suffit d’entendre quelques notes pour être envahi par la nostalgie. Ces chansons essentielles font ainsi partie intégrante de la maison enchantée et sont peu à peu devenues des piliers de la culture populaire, selon une stratégie bien huilée. On vous explique.
« Il en faut peu pour être heureux », « Hakuna Matata » ou encore « Libérée, délivrée », ces simples mots suffisent à déclencher une véritable symphonie au fond de vous. Il faut dire que vous avez entendu ces morceaux tellement de fois au cours de votre enfance, que votre cerveau les connaît désormais par coeur et les a intégrés comme une véritable partie de vous, de votre passé et de votre personnalité. Et ce phénomène touche les petits comme les grands, toutes les générations ayant grandi d’une façon ou d’une autre avec les oeuvres de la maison aux grandes oreilles.
Ainsi, si les films d’animation possèdent chacun leur part d’émotion et de magie, ceux des studios Disney jouissent pour la plupart d’une bande-originale exceptionnelle, qui participe autant au succès du long-métrage que l’histoire et les dessins eux-mêmes. Cette singularité devenue la marque de fabrique de l’univers enchanté continue aujourd’hui encore à séduire le monde entier, qui ne peut plus dissocier les studios Mickey de ses célèbres chansons endiablés. Une véritable réussite qui incite donc les successeurs de Walt Disney à faire perdurer cette tradition, en essayant de proposer des sons toujours plus dansants et émouvants.
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La musique, un rôle historique dans les films d’animation Disney

Bien qu’aujourd’hui les canaux soient nombreux pour profiter des bandes-sons des films Disney, la musique n’est pas arrivée sur le tard et a toujours occupé une place prépondérante dans les films Disney. Dès la fondation de son entreprise dans les années 20, Walt Disney, qui était lui-même un grand mélomane, a souhaité offrir une place de choix à la musique, les mélodies aidant bien souvent à apporter de l’émotion aux dessins. Et à l’image en général.
Le célèbre animateur ayant grandi à l’ère du cinéma muet, il avait parfaitement conscience de la plus-value des orchestres qui accompagnaient les films dans les salles et voulait donc réussir à livrer le même genre de spectacle avec ses productions. C’est comme ça qu’il a cherché à s’entourer des meilleurs compositeurs, à commencer par Carl Stalling, qui a collaboré avec lui pendant plusieurs années sur les courts-métrages de la firme.

C’est toutefois en 1938 que son rapport à la musique prend un nouveau tournant lorsque Blanche-Neige et les Sept Nains, le premier long-métrage des studios, remporte l’Oscar de la meilleure musique de film. Composée par Leigh Harline et Paul J. Smith avec des chansons de Larry Morey et Franck Churchill, cette bande-originale traverse alors les âges et figure aujourd’hui encore parmi les plus connues du monde enchanté.

Par la suite, d’autres grands talents comme les frères Robert et Richard Sherman, à qui l’on doit Merlin l’enchanteur, Mary Poppins, Le Livre de la Jungle ou encore Les Aristochats, ainsi qu’Alan Menken, compositeur pour La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin, Pocahontas, Hercule, Raiponce et bien d’autres, contribuent à amener Walt Disney à tout autre niveau de popularité. Dès lors, les chansons deviennent des éléments absolument incontournables des films Disney, mais aussi et surtout synonymes de succès.
La musique devient une stratégie marketing pour Disney

Bien plus qu’un simple vecteur d’émotion au service du film, la musique des films Disney reste en tête. Elle est mémorable et donc mémorisée avec facilité par les spectateurs, qui se mettent à chanter leurs morceaux préférés et à les écouter indépendamment des films. Cela entraîne alors une explosion du mechandising, avec la mise en vente des cassettes, CD, vinyles et autre albums digitaux, et crée ainsi une nouvelle rentrée d’argent pour les studios, qui ne peuvent alors ignorer cet aspect financier. C’est pourquoi de plus en plus de longs-métrages contiennent des titres forts et entêtants, pour ensorceler les spectateurs et leur faire rentrer Disney dans le corps et dans le coeur.
Certains morceaux connaissent alors un tel triomphe, qu’ils apparaissent même au Billboard 100 américain, à l’image de « Ce rêve bleu » (This whole new world en VO), qui a réalisé l’exploit d’être propulsé en tête de lice en 1993, battant ainsi tous les records. Peu après, « L’Amour brille sous les étoiles » (Can You Feel the Love Tonight) se retrouve en quatrième position, tout comme « L’Air du vent » un an plus tard.
Et la réussite ne s’est pas arrêtée après les années 90 pour les studios. En 2013, la chanson « Libérée, délivrée » balaie tout sur son passage, avant que le titre d’Encanto « Ne Parlons Pas de Bruno » ne devienne le plus gros tube de l’histoire de la firme en 2019, rien que ça !
Un succès commercial oui, mais aussi critique

Si la musique du studio n’a aucun mal à convaincre les spectateurs, Disney peut également se féliciter de séduire la critique, qui porte bien souvent ses chansons en exemple. Alan Menken a ainsi été récompensé par 8 Oscars au cour de sa carrière et il n’est pas le seul à avoir brillé sous les bannières de Disney. Robert Lopez et sa femme Kristen Anderson-Lopez ont eux aussi une statuette dorée de la Meilleure chanson originale pour «Libérée, délivrée» (Let it Go) en 2014, de la même manière que Phil Collins en 2000 pour «Tu es dans mon coeur» (You’ll be in my heart) ou bien d’Elton John en 1995 pour son travail sur Le Roi Lion.
Cette reconnaissance est alors la preuve que les chansons de Disney ne sont pas uniquement pensées comme des outils commerciaux, mais aussi et surtout comme des moyens poétiques de transmettre des messages importants et lourds de sens, afin de participer à l’éducation des plus jeunes.

Par ailleurs, Disney ne cherche pas à tout prix à insérer des chansons dans l’ensemble de ses films et tourne ses longs-métrages en comédies musicales quand cela s’y prête, privilégiant bien souvent les univers avec des princesses. Des films comme Rox et Rouky, Les Mondes de Ralph, Les Nouveaux Héros ou encore Zootopie ne sont ainsi pas portés par des personnages chanteurs, bien que leur bande-son reste malgré tout aussi importante, insufflant une énergie particulière à l’histoire. Et cela ne nuit aucunement à leur succès, Zootopie 2 venant même de devenir le film le plus rentable de l’histoire de la maison aux grandes oreilles.
L’importance de la musique dans les oeuvres Disney découle ainsi de tout un tas d’éléments différents, dont les plus essentiels demeurent la passion, l’émotion et le talent qui, mis ensemble, ont su former une tradition.
Alexia Malige
Journaliste
Journaliste depuis 2020 chez Serieously, Alexia Malige dévore les films, livres et séries en quantité bien trop démesurée. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, le temps s’accorde toujours à ses envies d’ailleurs et de magie. Et si l’automne est, pour elle, propice aux fictions saupoudrées de cannelle à la Gilmore Girls et Downton Abbey, elle sait aussi se tourner vers des récits bien moins tendres, à l’image de Vikings, Fourth Wing, Peaky Blinders ou Game of Thrones. Des goûts très variés donc, oscillant entre Disney, fantasy, Histoire et comédie absurde qui l’ont conduite à interviewer des célébrités issues de divers horizons comme Brad Pitt, Taron Egerton, Alex Høgh Andersen, Zendaya ou encore l’espiègle Hugh Grant.