The Romanoffs : notre interview de Marthe Keller et Inès Melab pour la série d’Amazon Prime Video

La saison 1 de The Romanoffs, la nouvelle série signée Matthew Weiner (créateur de Mad Men) est disponible sur Amazon Prime Video dès ce vendredi 12 octobre. Cette série anthologique croise le destin de personnages plus différents les uns que les autres, appartenant à différents pays, diverses croyances mais tous ont un point en commun : ils sont persuadés d’être des descendants des Romanovs, la dynastie russe tombée en 1912. Serieously a pu poser quelques questions à Marthe Keller et Inès Melab, les deux actrices principales du pilote.

Comment avez-vous été approchées pour vos rôles respectifs ?

Marthe Keller : Je n’ai eu qu’un coup de fil, Matthew Weiner voulait skyper. J’ai failli avoir une attaque, je ne réalisais pas qu’il voulait me parler. On a parlé simplement pendant une heure, analysé le sujet des Romanoffs mais tout était très facile. Je lui ai demandé pourquoi moi, et il m’a assuré qu’il avait vu tous mes films !

Inès Melab : Mon agent m’a envoyé ce casting, j’étais surprise, c’était un jeu parce que je pensais pas décrocher un tel casting. J’ai été rappelée pour le call back et moi aussi je dois le dire, je suis restée sans voix.

Les Romanoffs fascinent le monde du cinéma, des dessins animés et maintenant des séries, quel intérêt portiez-vous à la base pour leur tragique histoire ?

M.K. : J’étais un peu élevée dedans… C’est un règne qui a duré près de 400, le règne des Romanoffs est plus long que l’existence de l’Amérique. Je suis passionnée par les arts russes depuis toujours, la musique, la peinture, littérature, ma mère était même partie là bas et prétendait qu’on était russes… J’ai toujours eu de l’intérêt pour Anastasia, est-elle encore vivante ou non. L’aspect politique lié à cette famille et cette fin tragique sur fond de Révolution d’octobre, cela m’a toujours fasciné.

I.M. : De mon côté, j’avais découvert enfant le dessin animé de Dream Works, Anastasia. A l’époque j’étais un vrai garçon manqué, donc les princesses… En tout cas je l’avais vu et on peut dire que c’était le point de départ de mon intérêt pour cette famille.

Marthe, c’est l’une des premières fois où l’on vous voit dans un tel rôle : vous incarnez Anouchka, une femme revêche, horriblement raciste, triste au possible… Pourquoi vous êtes-vous laissée tenter par elle ?

M.K. : Une vilaine ! J’ai toujours adapté mes rôles en fonction des pays où je tournais : l’Allemagne, c’était des rôles tragiques, en France j’étais la rigolote de service dans mes premières comédies et enfin je vois un rôle où je ne meurs pas, car je meurs dans tous les films américains où j’ai pu jouer, soit par maladie ou à cause du terrorisme. J’ai adoré Mad Men, j’aimais le metteur en scène, jouer cette monstrueuse raciste, elle qui est tellement mon opposée m’a terriblement amusé. J’ai trouvé ça libérateur, c’est un rôle, tout simplement.

Vous êtes-vous inspirée d’une figure en particulier, vous êtes-vous documentée pour comprendre le passée d’Anouchka ?

M.K. : Non, car avec Matthew on s’est juste dit qu’elle était en train d’inventer tout ça. Elle est tellement folle, elle veut tellement descendre de cette dynastie qu’elle en fait trop. Ou alors il y a une part de vérité… On s’est dit « on va laisser ouvert », on laisse le public décider. Pour moi, ce n’était qu’une fable, c’est imaginaire. On laisse le spectateur en décider. Je n’ai pas fait de recherches particulières, j’ai juste joué une personne vieille, agressive, qui a peur de finir seule… Elle change heureusement. Par contre, j’observais certaines femmes dans les rues de Paris et je me disais « Elle pourrait être une Anouchka ». De plus, elles avaient souvent le même chien qu’elle ! (rires)

Hajar (Inès Melab), quant à elle, est le personnage le plus terre à terre et en même temps, elle vit une intrigue extraordinaire…

I.M. : Dans la vie de mon côté, je partage totalement la vision de mon personnage : elle ne juge pas, elle est dévouée à son travail. Elle ne juge pas non plus le racisme exacerbé d’Anouchka, elle voit surtout une personne seule. Pour ma part, je me suis surtout sentie proche d’Hajar…

L’immigration est évoquée dans cet épisode. Anouchka a besoin de revendiquer le « passé glorieux » de son pays lointain alors que Hajar a une vision plus simple des choses. C’est ce que lui apprend cette dernière au fur et à mesure. Cette thématique a été décidée à la base ?

M.K. : On se rend compte souvent qu’une fois après le tournage, c’est juste là que l’on commence à comprendre ce que l’on a joué. Dans la série c’est assez subtil, ce qui importe à Anouchka, c’est que sa lignée ne meurt pas. Le lien créé entre Hajar et Anouchka est assez précieux car elles apprennent l’une de l’autre, surtout Anouchka qui est têtue et qui n’écoute pas. Il ne faut jamais oublier que les gens qui n’acceptent pas l’autre, il y en a beaucoup et souvent ils ne changent pas ! Le message reste d’aller vers l’autre, d’apprendre la langue de l’autre pour casser cette peur de l’inconnu.

I.M. : Je trouvais tout simplement intéressant de mettre cette histoire en valeur. L’épouse de mon propre frère est voilée et je l’admire, elle est extraordinaire. J’aimerais vraiment que les gens se déparent de la peur de l’inconnu.

Est-ce que les histoires de chaque épisode des Romanoffs relèvent toutes de la fiction ou certaines sont inspirées de vraies anecdotes ?

I.M. : Je pense qu’il a dû entendre des histoires mais on reste vraiment dans la fiction.

M.K. : Les Romanoffs relèvent plus de la fable ou du conte de fées, cela reste un pur divertissement… Mais avec de la subtilité.

Comment pourriez-vous qualifier ces deux semaines de tournage au côté de Matthew Weiner ?

M.K. : Toute l’équipe de Mad Men était là, tout était sous contrôle et ça allait vite. On avait vraiment confiance et c’est quelqu’un qui sait exactement ce qu’il veut. Grâce à sa force, on devenait aussi tout aussi fort.

I.M. : C’est assez extraordinaire car il regorge d’énergie. On a tourné effectivement vite, mais il n’a jamais oublié de prendre du temps pour chacun(e) de ses acteur(trices).

The Romanoffs débarquent sur Amazon Prime Vidéo dès le 12 octobre, pour les retardataires, découvrez le trailer ci-dessous :


Hannah Benayoun
Journaliste
Fille spirituelle de Leslie Knope dans Parks and Recreation et de Thomas Shelby des Peaky Blinders.
Let them binge parfait: regarder Friends avec une girafe, mais clairement je ne l'ai jamais fait.