Une Affaire Française : Blandine Bellavoir, « j’avais beau me protéger, la série m’a tout de même atteinte » [INTERVIEW]

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TF1 diffuse ce 4 octobre 2021 le dernier épisode d’Une Affaire Française. A cette occasion Serieously s’est entretenue avec Blandine Bellavoir qui y joue Christine Villemin, la mère du petit Grégory.

Une Affaire Française revient sur l’un des faits divers qui a bouleversé la France entière : le meurtre du petit Grégory. TF1 a donc voulu retracer toute cette histoire de la façon la plus neutre possible, en abordant le sujet des médias qui se sont emparés de cette affaire, mettant sur le devant de la scène les parents Villemin, dont Christine la mère de famille. Cette dernière est jouée par Blandine Bellavoir qui se souviendra sûrement toute sa vie de ce tournage intense.

Pourquoi avez-vous accepté de jouer dans Une Affaire Française, qui revient sur l’affaire du petit Grégory ?

Je connaissais déjà le réalisateur de la série et c’est lui qui m’a contactée. J’ai un peu hésité avant d’accepter parce que le fait divers est tellement fort, et c’est une affaire à laquelle je m’étais préservée jusqu’ici car je ne connaissais rien sur cette histoire. Il m’a poussée à lire le scénario, ce que j’ai fait, et j’ai découvert une écriture hyper intelligente, élégante et pas du tout voyeuriste. Ce que j’ai surtout apprécié c’est qu’il n’y a pas de parti pris dans l’écriture. Ils n’ont pas cherché à faire une reconstitution hyper fidèle.

On s’est en effet très inspiré de la réalité mais nous n’avons pas cherché à ressembler trait pour trait aux personnages existants. La pudeur est aussi au bon endroit et je trouvais que ça remettait une humanité dans une affaire où, à mon sens, il n’y en a jamais eue. Car les personnes ont oublié que derrière les proches de ce petit garçon il y a des êtres humains qui ont un cœur et une émotion. Et la série apporte cette empathie aux personnages qui existent vraiment ou qui ont existé. C’est pour cette raison que j’ai acceptée.

Vous jouez Christine Villemin, la mère du petit Grégory. Comment avez-vous abordé ce personnage ?

Souvent on me dit « mais comment est-ce que tu as fait, ça a l’air tellement dur de jouer un personnage aussi chargé en émotions ? ». Je leur réponds que j’ai fait ce que m’inspirait ce personnage. Je pensais à cette maman qui a perdu son enfant et qui est accusée de tout. Et le fait que ce soit une personne réelle me donne une responsabilité encore plus forte et ça fait très peur, car j’ai un devoir de mémoire qui est très important. Pour être tout à fait transparente, nous avons terminé de tourner Une Affaire Française  il y a un an dû au COVID, et je suis contente qu’elle sorte longtemps après.

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© TF1

Parce que ça m’a permis de digérer car il m’a fallu du temps pour me remettre de cette histoire. Lorsque j’ai accepté le projet je ne savais pas que les enjeux étaient aussi forts et je ne m’attendais pas à être autant secouée par tout ça. Je me suis tellement investie que ça m’a beaucoup touchée et j’avais beau me protéger que ça m’a tout de même atteinte. Parce que tout ce qui arrive à ce personnage, tout son parcours je me disais « mais ce n’est pas possible, elle n’a pas vécu ça ? » et vu que je n’étais pas dans une fiction tout me disait « et bien si, tout est vrai ».

Parmi toutes les scènes que vous avez tournées, laquelle était la plus difficile ?

Je me souviens que la scène du premier épisode où je suis en train d’appeler Grégory lorsqu’il vient d’être enlevé, la pluie était en train de tomber et la lumière commençait à changer. Et lorsque j’ai crié Grégory la foudre est tombée. Il y a eu quelque chose d’un peu mystique qui nous tous calmés. Il y a une autre séquence aussi qui m’a marquée, lorsque Guillaume de Tonquédec (qui joue le gendarme Sesmat, NDLR) m’annonce la mort de Grégory. Je me souviendrais toute ma vie de cette scène, parce qu’aussi j’ai tourné avec des acteurs incroyables qui ont mis de l’élégance et de la douceur aux personnages.

Vous avez dit que vous ne connaissiez presque rien sur le fait divers, vous êtes-vous du coup documenté sur cette histoire avant le tournage ?

Une fois que j’ai accepté le rôle j’ai commencé à faire des recherches. Il y a tellement d’images d’archives accessibles, il y a eu 3000 articles publiés sur ça, en presse écrite je parle. Les répliques des personnages sont des propos qui ont réellement été prononcés, et de retrouver des images d’archives intégrées au scénario était assez bluffant. Il y a tellement eu d’images qui documentent ce cas que j’ai pu me faire une idée d’ensemble.

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© TF1

Pour écrire Une Affaire Française la production n’a pas voulu prendre contact avec le couple Villemin. Trouvez-vous que c’est un bon choix ou auriez-vous aimé prendre contact avec Christine Villemin pour construire votre personnage ?

Non, je ne pense pas que j’en aurai eu envie. Déjà ce n’était pas l’idée car la série se veut être hyper factuelle. Si on avait commencé à rencontrer chacun les protagonistes qu’on allait interpréter on aurait perdu notre neutralité. Ça aurait été contre-productif par rapport à ce que voulait la production.

Une Affaire Française est prévue pour être une série d’anthologie où chaque saison revient sur un fait divers marquant. Avez-vous des informations sur une saison 2 ?

Du tout. Je sais effectivement que ce serait une franchise et que ça s’intéresserait aux grandes histoires judiciaires françaises, mais je ne sais pas du tout laquelle pour la suite de la série.

Alexis Savona

Alexis Savona

Journaliste

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