Agression s*****, manga retirés… un gros scandale vient d’éclater dans une célèbre maison d’édition de manga

Le 27 février 2026, un énorme scandale a touché le monde du manga, avant de laisser place à un boycott de l’un des plus grands éditeurs de manga : Shogakukan. Mais alors, que s’est-il passé et quels sont les titres concernés ? Serieously vous dit tout.

Connaissez-vous le parcours de publication d’un manga ? Eh bien, avant de sortir sous la forme de tomes reliés, que ce soit au Japon ou dans le reste du monde, chaque titre est prépublié chapitre par chapitre dans des magazines spécifiques comme le célèbre Weekly Shonen Jump. Les plus grands fans peuvent ainsi retrouver chaque semaine, ou chaque mois, un nouveau chapitre de leur titre favori, avant que les chapitres soient reliés entre eux dans les tomes.

Cependant, le 27 février dernier, un immense scandale a touché l’une des maisons d’édition les plus connues de manga : Shogakukan, qui possède notamment des titres culte comme Frieren, Ranma 1/2, ou encore Call of the Night.

Un ancien agresseur publié secrètement dans le magazine Manga One de Shogakukan

Frieren, Himmel, Heiter et Eisen
©Kanehito Yamada, Tsukasa Abe/Shogakukan/ ”Frieren”Project

Selon les informations du média japonais Livedoor News, dévoilées le 27 février dernier, le mangaka de Operation Fallen Angel, Shoichi Yamamoto, est en réalité un ancien auteur condamné par le passé pour une agression sexuelle sur une lycéenne de 15 ans. En 2022, le mangaka aurait secrètement été réembauché sous le nom de Hajime Ichiro, le mangaka derrière Ordinary Person’s Mask. Or, son manga est publié dans les pages du magazine Manga One, qui appartient aux éditions Shogakukan.

Ces révélations ont profondément choqué les lecteurs, mais aussi plusieurs auteurs en contact avec la maison d’édition. Ainsi, ONE, l’auteur de One Punch Man, mais aussi Rumiko Takahashi, l’autrice d’Inuyasha et de Ranma 1/2 ont décidé de prendre leur distance avec Shogakukan tant que la situation ne serait pas réglé. En ce qui concerne les mangakas de Frieren, ces derniers ont purement et simplement décidés de retirer leur manga de la plateforme en ligne de Manga One.

Sur son compte X, anciennement Twitter, ONE a notamment fait part de sa colère : « Nous ne pouvons pas nous associer à des personnes qui ne condamnent pas fermement les agressions sexuelles sur mineurs. Bien entendu, nous attendrons que les parties concernées rendent les détails publics. J’aimerais également que Shogakukan les soutienne si elles entreprennent de telles démarches. »

Shogakukan a annoncé la fin de la publication d’Ordinary Person’s Mask

Saitama gardant un visage neutre pendant qu'il donne un coup de poing dans One Punch Man
©ONE, Yusuke Murata/SHUEISHA, Hero Association HQ

La réponse de Shogakukan ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, soit le 28 février dernier, avec un communiqué posté sur leurs réseaux sociaux : « Le département éditorial de Manga One a interrompu la publication de la série après l’arrestation et la mise en examen sommaire de Yamamoto Shoichi, l’auteur d’Operation Fallen Angel, pour violation de la loi interdisant la prostitution et la pornographie infantiles (production), et sa condamnation à une amende. Malgré cela, ils l’ont utilisé comme auteur original d’une nouvelle série, Ordinary Man Mask , sous un pseudonyme différent. Il n’aurait jamais dû être nommé. »

Ils poursuivent : « Les agressions sexuelles, l’exploitation sexuelle et toute violation des droits de l’homme sont inacceptables. Concernant Ordinary Person’s Mask, nous avons interrompu la distribution et l’expédition du livre en raison de graves lacunes dans la décision d’engager l’auteur original et dans le système de vérification. Il s’agit d’une affaire grave qui remet en question la responsabilité de supervision de l’entreprise, et nous reconnaissons un manque de sensibilisation aux droits de l’homme et à la conformité.« 

Finalement, ils concluent par : « Pour éviter que cela ne se reproduise plus jamais, nous mettrons en place une commission d’enquête, comprenant des avocats, afin de clarifier rapidement les faits et les causes, notamment les circonstances du début de la série et l’implication du rédacteur en chef, y compris les négociations de règlement. Nous publierons ensuite les résultats de l’enquête, prendrons des mesures disciplinaires strictes et formulerons et mettrons en œuvre des mesures pour éviter toute récidive. »

Maxence Grosvalet

Maxence Grosvalet

Journaliste anime, manga, jeux vidéo

Maxence Grosvalet est journaliste chez Serieously depuis 2023. Passionné par les anime depuis son enfance après avoir regardé Naruto, Dragon Ball ou encore Les Chevaliers du Zodiaque, il passe de nombreuses heures à regarder ou lire les nouveautés manga et anime. Du moins, quand il ne joue pas aux jeux vidéo. Toujours prêt à prendre sa plume, il aime partager des anecdotes ou décrypter des oeuvres culte ou nouvelles. Il adore également couvrir des festivals et a ainsi pu interviewer des grands noms comme Brigitte Lecordier ou se rendre dans les coulisses du studio Fortiche, les créateurs de la série Arcane.

Tags

Suivez nous !