Gentleman Jack : Sally Wainwright, « l’idée était d’adapter ce mariage très transgressif à l’écran » (INTERVIEW)

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Après trois ans d’attente, les fans de Gentleman Jack vont enfin pouvoir retrouver l’indomptable Anne Lister (Suranne Jones) dans la saison 2 de la série. A cette occasion la rédac de Serieously a pu s’entretenir avec la créatrice de cette brillante oeuvre, Sally Wainwright. 

Cela fait trois ans que la première saison de Gentleman Jack est sortie. Est-ce que ce long hiatus – pas nécessairement voulu – a aidé pour créer la saison ?

Ça n’a pas vraiment aidé, c’était plutôt casse-pieds, bien que cela n’ait pas eu de conséquences sur mon écriture, car j’avais écrit la majorité avant que la pandémie ne commence. Mais cela a eu un impact sur la production, nous devions commencer à tourner en juin 2020 et cela a été repoussé à novembre où on a vraiment pu commencer à tourner avant de devoir stopper au moins quatre fois…On a enfin pu terminer le tournage le novembre de l’année suivante. Donc il aura fallu un an pour compléter le tournage de la saison 2 !

Quel a été votre plus gros challenge pour cette deuxième saison de Gentleman Jack ?

Le plus gros challenge pour moi avec la série en général reste d’interpréter des histoires venant du journal [d’Anne Lister, ndlr]. Vous savez, ce n’est pas un roman, ce sont des journaux intimes, il n’y a pas de début, de milieu, ni de fin… Donc mon plus gros challenge c’est toujours de trouver des arcs narratifs à travers ces documents. C’est un procédé assez difficile car c’est complexe de garder toutes ces informations dans son esprit – encore plus à mon âge où je ne me rappelle plus de rien (rires) – et de le transformer en un bon épisode, un arc narratif puis une série avec un arc narratif qui dure sur 8 épisodes.

gentleman jack, ann walker, anne lister
© BBC ONE / HBO

Après le succès de la première saison, y avait-il des choses que vous vouliez absolument voir dans la saison 2 ?

Ce que je voulais montrer dans la saison 2, c’est Ann et Anne mariées et vivant ensemble en tant que couple gay à Shibden Hall et comment elles vivent ça au sein de la société sans perdre leur bonne grâce. La famille d’Ann Walker était particulièrement opposée à cette relation et ils ont mis beaucoup de pression sur elle pour qu’elle y mette un terme et qu’elle déménage de Shibden Hall, mais elle a tenu bon. Donc l’idée pour moi était d’adapter ce mariage très transgressif à l’écran, car personne ne voulait qu’elles forment un couple. Et de montrer toutes ces pressions externes et l’impact qu’elles ont eues sur leur relation. C’est ce dont parle la saison 2, des personnes qui essayent de les empêcher d’être ensemble.

Comment et pourquoi pensez-vous qu’Anne Lister peut être un modèle important pour les femmes aujourd’hui ?

J’ai reçu des lettres venant de partout dans le monde de gens racontant que leur vie a été changée par la série. Et le message qui revient le plus souvent est de savoir qu’il y avait quelqu’un, il y a 200 ans, qui avait tellement confiance en qui elle était et qui était si courageuse et ouverte sur sa sexualité. Et je pense que c’est ce qui est le plus pertinent aujourd’hui parce que ça veut dire que les femmes gays ont une Histoire, une Histoire écrite avec ces documents fantastiques que sont les journaux [d’Anne Lister, ndlr].

gentleman jack, anne lister
© BBC ONE / HBO

Qu’espérez-vous voir le public ressentir en regardant la saison 2 de Gentleman Jack ?

J’espère qu’ils vont se sentir animés. Ce que j’aime avec Anne Lister, c’est que c’était une véritable force de la nature, elle avait tellement d’énergie, elle vivait sa vie à fond, elle avait cette passion extraordinaire pour la vie et un optimisme fou. Elle est très inspirante ! Donc j’espère que c’est ce qui va continuer de ressortir de la série et j’espère que les gens vont apprécier parce que c’est tout simplement une très bonne histoire, sa vie était fantastique !

Retrouvez la saison 2 de Gentleman Jack avec Suranne Jones (Doctor Foster) et Sophie Rundle (Peaky Blinders) à partir 26 avril sur OCS en US+24.

Marion Le Coq

Marion Le Coq

Assistante rédactrice en chef

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