HPI : « au départ la série était différente et moins axée sur la comédie » (INTERVIEW)

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HPI enchaîne les records d’audience tous les jeudis soirs sur TF1. Plus de 10 millions de téléspectateurs sont devant leur écran pour découvrir la suite des aventures de Morgane Alvaro, jouée par Audrey Fleurot. Nous avons voulu comprendre le succès de la série avec l’aide de Pierre Laugier, le producteur du show.

TF1 a trouvé sa poule aux œufs d’or avec HPI, qui raconte l’histoire de Morgane Alvaro, une personne au haut potentiel intellectuel incarnée par Audrey Fleurot qui intègre une brigade grâce à sa faculté. Sa personnalité et son tempérament haut en couleur semblent plaire aux Français, qui attendent impatiemment la suite tous les jeudis soir. Le producteur Pierre Laugier a contribué à la création de la série, il a ainsi pu nous révéler quelques secrets sur HPI et nous a surtout donné son point de vue sur ce qui fait le succès de la fiction.

Rencontre avec Pierre Laugier, producteur de HPI

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© TF1

D’où vous est venue l’idée de HPI ?

L’idée originale vient d’un auteur qui s’appelle Nicolas Jean, un scénariste qui a créé et initié beaucoup de séries comme La Mante. Il faut savoir que son fils est HPI, il avait plein d’anecdotes à raconter là-dessus. Il nous a donc apporté cette idée d’une consultante avec un haut potentiel intellectuel qui travaillerait avec la police. On a ensuite pris ça comme base et Alice Chegaray-Breugnot, qui a aussi travaillé sur La Mante, est venue nous aider et a proposé que le personnage de Morgane soit moins Mr. Robot et plus Erin Brockovich (une militante, NDLR). Elle a ainsi apporté plus de folies et de fantaisies au personnage, qui nous a petit à petit beaucoup séduit et surtout nous a beaucoup fait rire. Parce qu’au départ le projet était différent et peut-être moins axé sur la comédie.

Justement en parlant du personnage, pensez-vous que c’est Morgane, jouée par Audrey Fleurot, qui contribue beaucoup au succès de la série ?

Morgane Alvaro casse tous les codes du genre des séries policières. C’est une personne incontrôlable qui est face à quelqu’un qui est à l’opposé d’elle (Karadec joué par Mehdi Nebbou, NDLR). On s’est dit qu’à partir de ça on avait matière à faire de la comédie et c’est, je pense, ce qui plaît. Audrey Fleurot est ensuite arrivée assez vite dans le processus pour l’incarner. Et je trouve qu’il y a une vraie rencontre entre elle et son personnage, ce qui fait que ça fonctionne bien à l’écran. Il y a peut-être aussi le fait qu’on soit surpris de la voir dans ce type de rôle. On était habitué à la retrouver dans des rôles de femme fatale, d’avocate ou de grande bourgeoise, alors que là elle est plus dans quelque chose de plus drôle, populaire et rock’n’roll.

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© TF1

Vous avez dit que son personnage cassait les codes du genre policier, c’était important pour vous de faire ça ?

L’un des paris était de respecter les codes du genre mais de temps en temps les décaler, les twister et parfois s’en moquer. Par exemple quand Morgane dit qu’elle a l’impression d’être dans Les Experts et qu’on voit ensuite le générique de la série. Je pense que c’est bien de prendre cet angle-là puisqu’on voit beaucoup de fictions policières, et donc on peut se permettre de s’amuser avec les codes établis. Mais ça ne nous a pas non plus empêchés de porter une attention particulière sur les enquêtes, de les soigner, et d’aborder les personnages avec réalisme. Mehdi Nebbou a travaillé avec un consultant de commandant de police à la DIPJ de Lille, qu’il appelait régulièrement pour que Karadec soit le plus cohérent possible à l’écran.

D’avoir réussi à trouver le juste milieu entre le réalisme et le décalé doit aussi aider au succès de la série…

Je pense, mais honnêtement c’est très difficile de décrypter le succès d’une fiction. En tout cas HPI a très bien marché sur un public jeune, donc c’est une vraie fierté pour nous parce que c’est un public qui est particulièrement exigeant en matière de séries. Mais peut-être d’avoir pris le pari de frapper dans l’originalité nous a servis et les gens sont contents de voir quelque chose de nouveau. Il y a autre chose qui peut contribuer c’est que la série fait du bien. Elle est légère, elle fait rire, on est dans quelque chose de très positif, on a plaisir à la regarder quel que soit l’âge.

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© TF1

Avez-vous eu des inspirations de séries américaines, type Mentalist pour développer la série ?

Bien sûr ! Mentalist est clairement la série reine, on a tous grandi avec les grands programmes de networks américains et avec ces personnages attachants et atypiques. On peut aussi citer Dr House, Monk, mais aussi Medium avec Patricia Arquette. On suivait cette héroïne médium qui travaille avec la police, et on la voyait en même temps dans sa vie de famille avec ses enfants. De notre côté on avait vraiment envie de développer ce pan-là de la vie de Morgane, qui est une mère célibataire qui a du mal à joindre les deux bouts. On a aussi eu comme référence Will Hunting avec Matt Damon. Ici c’est un garçon mais le côté écorché vif, génie incompris et la dimension sociale du personnage ont contribué à la création de Morgane Alvaro.

Est-ce que vous pensez que HPI a marqué un tournant ou un renouvellement dans les productions de séries françaises, en reprenant ces aspects des séries américaines ?

Je n’aurai pas la prétention de dire qu’on a créé un tournant, il y en a d’autres avant nous qui ont ouvert la voie. Je pense par exemple à Profilage et Balthazar, qui ne sont pas écrites de la même manière mais qui ont tout de même essayé de faire bouger les lignes et d’amener de la fantaisie et de l’humour. Nous avons suivi cette ligne et on a essayé de la pousser encore plus loin. Mais on a peut-être réhabilité la figure attachante et atypique du héros qu’on aimait tant dans les séries américaines de la fin des années 2000 et du début des années 2010. Et c’était ça aussi notre enjeu, on s’est dit que puisque les Américains ne font plus ce genre de choses et bien nous, on allait le faire en créant notre propre licence pour notre public.

HPI est diffusé tous les jeudis soirs sur TF1 à partir de 21h05.

Alexis Savona

Alexis Savona

Journaliste

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