The Black Phone : interview de Scott Derrickson, « je voulais explorer la peur qui dominait ma propre enfance »

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A l’occasion de la sortie de la bande-annonce de The Black Phone, Serieously s’est entretenu avec le réalisateur Scott Derrickson pour qu’il nous parle de son film d’horreur porté par Ethan Hawke.

Quels sont les ingrédients pour faire une bande-annonce efficace ?

Scott Derrickson : C’est une bonne question. Ce n’est pas quelque chose que je fais, mais j’ai pu apporter ma contribution sur celui de The Black Phone. Je pense qu’une bande-annonce efficace fait deux choses : elle donne l’essence de l’histoire, et elle crée du mystère chez ceux et celles qui la regardent. Qui donne envie d’en savoir plus. Certaines bandes-annonces donnent l’impression de montrer tout le film, et on peut logiquement se dire « aucun intérêt d’aller le voir, j’ai déjà tout vu », et je pense qu’il faut trouver le parfait équilibre. Et c’est ce qu’on a fait avec The Black Phone, je pense.

Vous avez écrit, produit et réalisé The Black Phone, pourquoi avez-vous choisi cette histoire, et qu’est-ce que vous aimez le plus dans celle-ci ?

S. D : C’est mon film préféré parmi tous ceux que j’ai faits. Généralement quand on fait un film et qu’on le voit, on n’a plus envie de le revoir, on en a vite marre. Mais ce n’est pas le cas avec The Black Phone. Quand je l’ai montré à des gens, il y a eu une vraie excitation et j’avais immédiatement envie de le revoir. Il y a bien plus de puissance émotionnelle que dans tout ce que j’ai pu faire avant.

J’ai voulu le faire, parce que je voulais capturer le sentiment de ma propre enfance, qui était dominée par la peur. J’ai grandi dans une banlieue plutôt violente de la classe ouvrière, dans laquelle il y avait toujours des bastons, des blessures. Il y avait beaucoup de violences domestiques, que ce soit chez moi ou chez mes amis de l’époque. Les parents punissaient leurs enfants d’une manière très différente d’aujourd’hui et c’est aussi une période où Ted Bundy sévissait. J’avais 8 ans quand mon voisin est venu frapper à ma porte pour me dire, en pleurant, que quelqu’un avait assassiné et violé sa mère. C’était une époque où la sécurité n’existait pas du tout, et j’ai essayé d’utiliser ça comme point de départ pour The Black Phone. A la base je souhaitais faire une version américaine des Quatre Cents Coups, mais l’idée de fusionner mon histoire avec celle de The Black Phone (une nouvelle horrifique écrite par Joe Hill en 2004, ndlr) est rapidement apparue comme plus intéressante.

Comme pour L’excorcisme d’Emily Rose et Sinister, les enfants ont une place importante dans The Black Phone… Sont-ils des éléments primordiaux pour faire plus peur ? Est-ce plus efficace de raconter une histoire avec des enfants ?

S.D : Je pense que la façon dont on expérimente la peur, quelle qu’elle soit, est toujours liée à celle de notre enfance. C’est à cette période-là qu’on apprend et comprend cette émotion, dans sa forme la plus pure et il y a quelque chose dans ces peurs d’enfances qui font que ce sont les plus sérieuses, c’est le cas pour moi. Parce qu’il y a une vulnérabilité chez les enfants et la peur de l’inconnu, comme « est-ce qu’il y a quelque chose sous mon lit ? Dans le couloir ? Dans la forêt ». C’est quelque chose qu’on a tous et toutes vécus.

Vous travaillez une nouvelle fois avec Ethan Hawke après Sinister, qu’aimez-vous dans le fait de travailler avec lui ? Et qu’apporte-t-il à vos films ?

S.D : C’est mon acteur préféré avec qui j’ai pu travailler. J’ai adoré faire Sinister avec lui et c’était encore meilleur sur The Black Phone. Il est très intéressant parce que c’est un artiste complexe. Il écrit des nouvelles, il réalise, et est évidemment un acteur talentueux. Il a son propre univers artistique, et il amène toutes ses connaissances avec lui quand on travaille ensemble. Il veut comprendre le film dans lequel il joue, et pas seulement son personnage. C’est fantastique d’avoir un acteur comme ça. Il contribue d’une façon unique pour aider ma vision à prendre vie, et je ne pouvais pas rêver mieux.

Ce n’est pas un acteur qui est habitué des films d’horreur, et si je l’ai pas mal dirigé sur Sinister, les choses étaient différentes avec The Black Phone, il est complètement immergé dans son personnage, et je n’ai pas eu beaucoup de directive à lui donner. Il a considérablement rendu le personnage meilleur que ce que j’avais imaginé.

Quelles sont les trois choses qui font d’un film d’horreur une réussite ?

S.D : Des personnages dont on se soucie, un sens du sinistre et de l’effroi et du choc et de la surprise.

Quelles ont été vos inspirations pour le masque de The Black Phone ?

S.D : Avec Tom Savini on a imaginé un design original, qu’on n’avait vu dans aucun autre film. Quelque chose d’unique, avec un sourire terrifiant qui pourrait faire penser au Diable.

Rendez-vous le 2 février 2022 en salles pour découvrir The Black Phone au cinéma !

Romain Cheyron

Romain Cheyron

Journaliste - Responsable pôle News

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