Uma Thurman, Chambers : « La télévision est un art démocratique »

26 avril 2019 - 16h24

Uma Thurman était l’invitée d’honneur de Series Mania à Lille. L’immense actrice américaine est venue présenter Chambers, la série horrifique disponible sur Netflix le 26 avril. Aux côtés des auteures de la série Leah Rachel & Jennifer Yale, l’actrice s’est exprimée sur le genre horrifique et son rapport aux séries. Morceaux choisis.

Qu’est-ce qui vous a tout de suite happé dans Chambers ?

Uma Thurman : J’ai rencontré Leah, lu son premier pilote et j’ai pensé que c’était vraiment beau. Nous nous sommes rencontrées, entendues et surtout j’ai pensé qu’elle avait quelque chose de particulier à offrir. La métaphore du cœur m’a beaucoup plu tout comme cette intense énergie féminine dans la série, le drame, la tragédie des parents et la relation nouée entre cette mère et cette jeune femme qui lutte pour trouver son identité.

Leah, d’où vous vient cet attrait pour l’horreur à l’origine ?

Leah Rachel : De l’horreur psychologique pour être exacte ! Pour Chambers spécifiquement, gérer la perte d’un enfant, la perte d’une sœur sont pour moi déjà de l’horreur psychologique.

Jennifer Yale : Avec l’horreur psychologique, on essaie de jouer avec la métaphore de la jeune fille qui sent son corps hors de contrôle. Dans notre série son corps est LITTÉRALEMENT hors de contrôle. Mais on évoque aussi le sort des autres personnages comme Nancy bien sûr avec la perte de sa fille. Elle veut rencontrer la jeune femme détenant ce morceau de sa fille en elle [son cœur]. Nancy commence également à voir cette partie de cette fille en Sasha. C’est là que l’horreur psychologique prend le dessus, quand Nancy se demande si elle ne devient pas folle, ou si c’est réel.

Était-ce facile pour vous de jouer une mère qui perd son enfant ?

Uma Thurman : Évidemment non, ce n’est en aucun cas aisé. Il n’y a pas plus grande peur pour un parent que de perdre un enfant, moi-même étant mère de trois enfants en bonne santé.

Nancy est aussi très ambivalente, elle est inquiétante, on ne connaît pas ses intentions…

Uma Thurman : Je crois que c’est une femme écrasée par le deuil qui se sent hantée. On a une femme au foyer qui ne s’identifie qu’en tant que mère, et elle ne connaissait pas vraiment ses enfants au final. On peut clairement dire qu’elle est hantée.

Cette entrée dans le genre horrifique était-elle difficile pour vous ?

Uma Thurman : L’horrifique ce n’était pas trop mon problème (rires, désignant les auteures), c’était le leur. Je devais jouer ma part et en parler et soutenir le cast. Je voulais être là par tous les moyens.

Est-ce que pour vous les séries sont un nouvel espace de création, de liberté ?

Uma Thurman : Je suis très enthousiasmée par la télévision, mais j’adore les films. Je suis tout de même fascinée par l’espace, la liberté, la possibilité de respirer, et l’exploration que permet la télévision. Je pense que c’est un art très démocratique, accessible aux gens mais je suis fondamentalement attachée aux films.

Chambers est disponible sur Netflix à partir du 26 avril

Hannah Benayoun
Journaliste
Fille spirituelle de Leslie Knope dans Parks and Recreation et de Thomas Shelby des Peaky Blinders.
Let them binge parfait: regarder Friends avec une girafe, mais clairement je ne l'ai jamais fait.