La Chronique des Bridgerton : harcèlement, racisme… 5 grosses polémiques qui ont éclaboussé la série

C’est certainement l’une des séries les plus adorées de Netflix. Vous n’avez pas pu passer à côté de La Chronique des Bridgerton, la romance la plus suivie de la noblesse anglaise. Mais si les écrits de Lady Whistledown déclenchent des scandales dans le petit monde de nos héros, la série a elle aussi son lot de polémiques bien réelles.

Depuis son lancement en 2020 sur Netflix, La Chronique des Bridgerton, produite par Shonda Rhimes, s’est imposée comme le nouveau pilier de la romance historique. Pourtant, sous les perruques poudrées et les robes cintrées, la série essuie régulièrement des tempêtes médiatiques. Entre choix scénaristiques audacieux et débordements d’un fandom parfois excessif, le programme ne laisse personne indifférent. Voici un tour d’horizon complet des cinq plus grosses polémiques qui ont secoué l’univers de La Chronique des Bridgerton.

La controverse du consentement dans la saison 1 de La Chronique des Bridgerton

la chronique des bridgerton, simon et daphne
© Netflix

La première saison a été marquée par une scène particulièrement dérangeante lors de l’épisode 6. Daphné Bridgerton, incarnée par Phoebe Dynevor, force Simon Basset à éjaculer en elle après avoir compris qu’il lui mentait sur sa capacité physique à avoir des enfants. Ce moment a immédiatement déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux comme Twitter et Reddit, où de nombreux spectateurs ont dénoncé une « glamourisation du viol conjugal« . Le malaise provient du fait que la série semble traiter cet acte comme une simple étape dans l’émancipation de l’héroïne, sans explorer le traumatisme subi par le Duc de Hastings.

Face à la levée de boucliers, l’équipe de production a dû monter au créneau. Le créateur Chris Van Dusen a défendu son choix en expliquant à Entertainment Weekly que « cet incident s’inscrivait dans la lignée du thème global de la série, montrant comment cette débutante innocente parvient à surmonter les contraintes imposées par la société pour devenir une femme d’action« . De son côté, Phoebe Dynevor a confié au Los Angeles Times qu’elle trouvait positif que la scène déclenche un débat, précisant qu’en tant qu’artiste, elle ne cautionnait pas pour autant le comportement de son personnage.

La couleur de peau de la Reine Charlotte

La reine Charlotte et Lady Danbury dans la saison 3 de Bridgerton
© Netflix

La série imagine une Angleterre du XIXe siècle où le racisme semble avoir été éradiqué grâce au mariage du Roi avec la Reine Charlotte, une souveraine noire. Si cette diversité est saluée par une grande partie du public, elle est aussi la cible de critiques de la part d’historiens et de spectateurs qui regrettent que l’esclavage et le passé colonial soient totalement gommés. Cette utopie est perçue par certains comme une manière de conserver le sexisme et le classisme de l’époque tout en ignorant les réalités raciales historiques.

Cette tension a d’ailleurs dépassé le cadre de la fiction. En 2023, lors du couronnement de Charles III, Adjoa Andoh, qui interprète Lady Danbury, a commenté l’événement sur la chaîne ITV en s’exclamant « Oh, c’est si blanc !« . Cette remarque a provoqué un tollé massif, entraînant 4 165 plaintes auprès de l’Ofcom. L’actrice a dû s’expliquer plus tard sur la BBC, précisant qu’après avoir admiré la beauté de la journée, elle avait simplement été frappée par le contraste visuel sur le balcon de Buckingham. Parallèlement, les acteurs racisés de la série subissent régulièrement du harcèlement en ligne de la part de franges toxiques du fandom. En parlant des fans justement…

Les shippers et le harcèlement des acteurs de La Chronique des Bridgerton

anthony-et-kate-bridgerton-mariage
© Netflix

Le succès de la série a donné naissance à une communauté de fans extrêmement passionnés, mais dont les dérives inquiètent. Les « shippers », ces fans obsédés par l’idée que les couples de fiction soient réels, ont créé un climat toxique autour de la distribution. Regé-Jean Page et Phoebe Dynevor ont été la cible de rumeurs incessantes, tandis que Jonathan Bailey a dû voir sa vie privée scrutée et ses proches insultés. Sur Reddit, des membres lucides de la communauté ont déploré cette situation, soulignant que cette toxicité pourrait pousser les acteurs à couper les ponts entre eux pour se protéger.

Au-delà des relations amoureuses imaginaires, le climat a également été alourdi par des rumeurs de tensions en coulisses. Le départ surprise de Regé-Jean Page après la première saison a alimenté de nombreuses théories sur d’éventuels désaccords avec la production, bien que son succès fulgurant au cinéma soit l’explication la plus probable. Par ailleurs, Simone Ashley (Kate Sharma) a publiquement évoqué le harcèlement raciste dont elle a été victime, prouvant que même le succès mondial ne protège pas des attaques les plus viles.

Les changements avec l’œuvre originale de Julia Quinn

Michaela Stirling et John dans la saison 3 de Bridgerton
© Netflix

Adapter une saga littéraire aussi populaire que celle de Julia Quinn comporte toujours des risques. Les puristes ont souvent exprimé leur mécontentement face aux changements majeurs opérés par Netflix. L’une des polémiques les plus récentes concerne la saison 3 et l’introduction de Michaela Stirling, une version queer du personnage de Michael dans les livres. Ce choix a provoqué une fracture au sein du fandom, forçant l’autrice à intervenir pour valider ces changements créatifs.

Les discussions s’enflamment régulièrement sur les forums concernant le comportement des personnages masculins. Pour la saison 4 centrée sur Benedict, la proposition de ce dernier de faire de Sophie sa maîtresse a irrité une partie du public contemporain. Julia Quinn a dû rappeler qu’à l’époque, cette proposition était parfaitement logique d’un point de vue social. L’acteur Luke Thompson assume totalement ce côté provoquant, estimant que son rôle est de bousculer les gens, tandis que sa partenaire à l’écran, Yerin Ha, compare certaines scènes à une véritable claque en pleine figure pour les spectateurs.

La Chronique des Bridgerton, trop prude ?

Benedict et Sophie dans la saison 4 de Bridgerton
© Netflix

La sexualité est au cœur de l’identité de Bridgerton, mais son traitement fait l’objet de critiques. La première saison avait été qualifiée de « bonkbuster » (qui mise tout sur l’érotisme) à cause de ses scènes très explicites, certains y voyant une sexualisation excessive. À l’inverse, au fil des saisons, une partie du public et de la presse a commencé à se plaindre d’une certaine aseptisation de la romance. La saison 4, par exemple, a été jugée par certains observateurs comme trop sage, perdant ainsi le piquant qui avait fait le sel des débuts.

De nombreux fans reprochent désormais à la série de diluer les intrigues amoureuses principales au profit de trop nombreuses sous-intrigues secondaires, ce qui nuirait à l’alchimie entre les protagonistes. Entre le trop plein de sexe des débuts et le sentiment de manque ressenti plus tard, la série semble pourtant toujours en quête de trouver la recette idéale pour satisfaire son audience mondiale.

Khalil Auguste Ndiaye

Khalil Auguste Ndiaye

Journaliste

Journaliste en alternance depuis 2025 chez Serieously, Khalil Auguste Ndiaye est un grand fan de nombreux animes et de films et séries de diverses époques, Si vous avez la moindre question sur l'univers d'Assassin's Creed ou de Castlevania, il pourra vous répondre ! Amateur autant de l'univers de Game of Thrones que The Boys, en passant par les films Ghibli et One Piece, Khalil est toujours curieux de découvrir de nouvelles oeuvres prenantes,

Suivez nous !