La Faute à Rousseau : 3 questions aux acteurs de la série France 2

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  La nouvelle série de France 2, La Faute à Rousseau, arrive dès ce mercredi 17 février à la télévision. Un programme de 8 épisodes riche en philosophie et en émotion, qui donne un regard nouveau sur le développement humain. L’occasion pour Serieously d’échanger avec ses trois acteurs principaux, Charlie Dupont, Anny Duperey et Louis Duneton.

Drôle, sensible et intellectuelle, La Faute à Rousseau suit les aventures de Benjamin Rousseau (Charlie Dupont), un professeur de philosophie original et brillant, qui s’implique autant dans ses cours que dans la vie de ses élèves. Entre réflexions existentielles et simples questionnements du quotidien, la série vulgarise la pensée des grands auteurs pour la rendre accessible au plus grand nombre. Une manière de moderniser Platon, Aristote, Kant et Schopenhauer en recontextualisant leurs idées dans le monde d’aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous a intéressé.e dans ce projet de série ?

Anny Duperey : Lorsque j’ai lu les scénarios, je les ai trouvés extrêmement intelligents. Parler du développement humain par le biais de la philosophie amusante, j’ai trouvé ça très bien fait et pas du tout dogmatique. J’ai tout de suite aimé la mère de Benjamin aussi. Généralement on fait des mères chiantes, et là je suis tombée sur un personnage, qui est une ancienne comédienne, devenue professeure d’art dramatique, qui a tout vu, tout vécu, qui a même couché pour des rôles, enfin, qui est un peu trash. Elle dit ce qu’elle pense, elle est assez frontale et je trouve ça très novateur comme rôle de mère. C’est très surprenant, plaisant à jouer et assez vrai, je crois. J’ajouterais une mention particulière pour les dialogues, que je trouve particulièrement réussis. En ce qui me concerne, j’étais contente d’avoir quelques phrases à la Audiard. C’est quand même assez rare de pouvoir dire à son petit-fils : « Conseil d’amie, un homme, tant qu’on ne l’a pas porté sur soi, on ne sait pas ce qu’il vaut » (rires).

Louis Duneton : Le premier truc qui m’a frappé, en tant que jeune comédien, c’est le traitement de la jeunesse dans le scénario. En général, les rôles de jeunes sont rarement écrits pas des jeunes, donc le résultat est souvent irréel ou extrêmement simplifié. On m’a déjà demandé de jouer un adolescent nonchalant, alors que j’avais pourtant l’impression de vivre des choses incroyables. Ici, à l’inverse, on prend des jeunes et on leur dit : « Vous ne vous rendez pas compte à quel point c’est un truc de dingue ce que vous vivez ». La philo sert à faire réfléchir les gens, mais aussi à donner cette importance à la jeunesse. Tout le monde traverse des épreuves. Mon personnage, Théo (le fils de Benjamin ndlr), traverse une sorte de coming-out, mais il a également toutes les problématiques liées à son père. Au départ de la série, il se croit construit. Il a sa vie avec sa grand-mère, il sait qui il est, quelle est sa sexualité et ce père, qui est un élément fondateur manquant va arriver et le confronter au fait qu’il n’est pas complet. Et c’est cette douleur-là qui est intéressante, je trouve.

Charlie Dupont : Ce qui m’a énormément séduit dans La Faute à Rousseau, c’est le personnage de Benjamin. Il y a évidemment l’ombre tutélaire et magnifique de Robin Williams du Cercle des poètes disparus et c’est aussi cela que charrie la série. C’est un rôle qui a été déterminant dans mon envie de devenir acteur, qui m’a touché au plus profond du linge et qui permet de montrer que la philosophie peut servir à quelque chose et être au service de l’émotion. C’est merveilleux comme rôle pour un comédien ! Et que ce personnage (Benjamin) soit, en plus, particulièrement perspicace sur le monde entier, sur les autres, sur ses élèves et complètement à côté de la plaque sur lui-même crée un paradoxe qui est formidable à jouer. Il y a une dimension de funambulisme, d’équilibriste là-dedans qui est un moteur absolument jubilatoire. Qu’il soit à la fois complètement con et très brillant fait qu’il est Monsieur et Madame tout le monde, tout en étant particulièrement décalé.

La Faute à Rousseau
© Jean-Philippe Baltel/DEMD PROD/FTV

Dans votre vie personnelle, avez-vous connu des professeurs marquants, à l’image de Benjamin Rousseau, qui vous ont inspiré.e dans la suite de votre vie ?

Anny Duperey : Ayant arrêté l’école en quatrième, je vais me taire (rires). Mais, en tant que mère, oui. Ma fille a failli faire comme moi. C’est-à-dire qu’elle était complètement réfractaire au système scolaire et a voulu arrêter au même âge que moi. C’était un peu la reproduction de la chose. Je lui ai alors trouvé une petite école, absolument hors contrat, où un professeur de philosophie l’a prise en main et elle a finalement obtenu son Bac avec mention. Donc un prof de philo, quelque part, a sauvé ma fille de l’abandon des études pour un parcours sauvage, qui est beaucoup plus hasardeux à notre époque.

Louis Duneton : J’ai arrêté d’aller physiquement en classe à 16 ans pour me consacrer à mon métier d’acteur, mais j’ai passé un accord avec mes parents pour avoir mon Bac. Comme je n’avais pas trop le temps d’aller au lycée, j’ai eu un professeur particulier qui me faisait les cours de français et philo. Je l’ai vu pendant deux ans et il a été assez important pour moi, car il était mon seul lien avec le système scolaire et c’est grâce à lui que j’ai eu mon Bac. Il m’a un peu fait penser au personnage de Benjamin, lui-même était un peu perdu dans la vie, enfin pas si perdu mais complètement passionné de philosophie et en même temps, un peu hanté par les grands auteurs. A chaque fois qu’il me donnait un cours de philo, je sentais que derrière, il essayait déjà d’être heureux lui-même. C’était ça son premier lien avec la philosophie. Et en fait, ça donne de la perspective à tout ce qu’il dit et ça rend la chose moins dogmatique.

Charlie Dupont : Oui, j’ai eu des mentors, enfin des révélateurs. Il y a des professeurs qui, au bon moment, disent les bonnes choses ou montrent les bons exemples dans un parcours. J’ai curieusement eu une professeure de chimie, qui nous faisait faire du théâtre. Elle a donc forcément été déterminante dans mes choix de carrière. Une professeure de morale également, dont j’entends encore raisonner les vérités aujourd’hui.

La Faute à Rousseau Charlie Dupont
© Jean-Philippe Baltel/DEMD PROD/FTV

Quel était votre rapport à la philosophie avant de jouer dans La Faute à Rousseau ? Votre point de vue sur la matière a-t-il évolué grâce à la série ?

Anny Duperey : Moi je ressemble un peu à mon personnage, parce que je n’ai jamais vraiment lu de philo. Je lisais beaucoup, mais de la littérature, donc je n’avais pas du tout connaissance du sujet philo traité en philo. Ça passait à travers les romans, à travers Flaubert, à travers tout ce que je pouvais lire, mais je ne me suis pas posé de questions de manière précise. C’était comme mon personnage, sur le tas du vécu. C’était le fait de se heurter à des choses et puis essayer de trouver des solutions, qui devaient se rapporter effectivement à des sujets philosophiques, mais dont je n’avais même pas conscience.

Louis Duneton : Comme je l’ai dit, j’ai arrêté d’aller au lycée à 16 ans, donc je n’ai pas connu les cours de philosophie en classe et c’est une énorme différence avec les autres élèves. Ça change tout d’être tout seul, de vraiment pouvoir dialoguer avec son professeur et de pouvoir dire ce que l’on pense sans avoir peur de passer pour un con devant les autres. De ce fait, j’aime bien la philo. Je ne pense pas être un grand expert, mais j’en ai lu pas mal. La série m’a vraiment appris des choses en fait. Même si on connaît les grands thèmes qui sont abordés, même si on connaît les grands axes, les grandes phrases que l’on va dire sur l’identité et sur l’amour, la philosophie c’est uniquement de l’interprétation. Voir ces principes en action dans la vie de quelqu’un d’autre nous les fait mettre dans une autre perspective et ça nous apporte donc des réflexions que l’on n’aurait pas eues.

Charlie Dupont : Je vais faire une réponse assez bateau et d’une violence rare, je vais vous expliquer pourquoi j’ai aimé Le Cercle des poètes disparus. Quand c’est sorti, j’avais 15 ou 16 ans. A cette époque, j’ai perdu, comme dans le film, l’un de mes meilleurs amis qui s’est suicidé en laissant Ainsi parlait Zarathoustra ouvert sur son lit. J’avais donc un rapport à Nietzsche en particulier, qui était compliqué… Je n’ai pas eu envie de le lire très vite. Mais lors de mes études de droit, j’ai été obligé de me reconfronter aux philosophes et je les ai un peu tous pris en ennemis. Je pensais : « C’est à cause de vous que mon pote s’est flingué ! », donc ce n’était pas un bon départ. Mais comme souvent, c’est dans la merde que fleurit le lotus. Et à les prendre frontalement, j’ai été obligé de les écouter et j’ai aimé ça. Et cette série, parce que j’étais obligée d’incarner au sens propre ces propos, m’a rendu la chose beaucoup moins théorique que là où je l’avais laissée. Et ça, c’est vraiment super chouette !

Retrouvez La Faute à Rousseau le mercredi à 21h05 sur France 2, à partir du 17 février 2021.

Alexia Malige

Alexia Malige

Journaliste

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