Tropiques Criminels (France 2) : notre interview de Sonia Rolland et Béatrice de la Boulaye

Publié le 6 décembre 2019 - 09h55

Depuis le 22 novembre, Sonia Rolland et Béatrice de la Boulaye forment un duo de flics explosif dans Tropiques Criminels, la nouvelle série de France 2 diffusée les vendredis soir. Serieously les a rencontrées afin qu’elles nous parlent de la fiction, de leur rôle, mais également pour se prêter à une interview CA$H !

La série a enregistré de très bons scores d’audience pour les premiers épisodes. Quels retours avez-vous eus ?

Sonia Rolland : On a eu des retours de dingue, que ce soit de France 2, du producteur. On était très heureuses parce qu’on craignait de ne pas du tout intéresser le public avec un sujet chaud où il y a de la plage, des belles femmes et des enquêtes incroyables (rires). Mais on a réussi ce pari fou.

Béatrice de la Boulaye : J’ai eu des retours élogieux de ma mère, qui est hyper objective. Elle m’a envoyé tous les textos de tous ses copains, elle m’a fait des captures d’écran.

Sonia Rolland : Ma mère, elle, n’a toujours pas compris le principe de la télévision. Elle est persuadée qu’en allumant tous les télés, il y a plus d’audience. Elle a fait allumer toutes les télés du quartier.

Est-ce qu’on peut dire que c’est une série féministe ?

Béatrice de la Boulaye : Elle est féminine en tout cas. Il n’y a pas de combat particulier, c’est une série qui reflète une réalité, c’est-à-dire que les femmes ont de plus en plus des postes à responsabilité, que ce soit dans la police ou ailleurs. Je ne crois pas qu’il y ait de revendication particulière, c’est une féminité naturelle qui devrait être plus généralisée par contre, c’est sûr.

Vous assumez tout de même un ton particulier, notamment dans votre relation avec le commissaire Etcheverry par exemple…

Béatrice de la Boulaye : J’ai l’impression que les auteurs ont pris comme parti de se moquer de la misogynie plutôt que de la condamner. Finalement, les misogynes d’aujourd’hui sont à la bourre sur ce qu’il se passe. C’est pour ça qu’on se moque gentiment d’Etcheverry parce qu’il est d’une autre époque. Il n’est pas méchant mais le biais est intéressant. Il a ses convictions, mais on peut vivre tous ensemble, il ne nous fait pas de mal pour autant. Tout se passe dans l’humour et le tacle.

C’est la première fois que l’on voit un duo de femmes flics à la télévision française. Comment avez-vous créé vos personnages ?

Sonia Rolland : Ce sont deux personnages très contrastés. Béatrice impose un ton sans filtre à son personnage qui est complètement bordélique, mais en même temps, elle marche à l’instinct. Mélissa Sainte-Rose, mon personnage, est plutôt posée, elle est dans la réflexion, l’observation. Mais en même temps, elle se nourrit pas mal du personnage de Gaëlle Crivelli, qui elle-même apprend des méthodes de Mélissa.

Béatrice de la Boulaye : C’est un schéma comique et assez efficace qu’on peut retrouver dans Amicalement Vôtre, dans Starsky et Hutch, dans l’Arme Fatale qui sont des duos masculins. Chez les femmes, on n’a pas vraiment de modèle. En fait, on s’est beaucoup inspirées de nous-mêmes. Les rôles sont extrêmement bien écrits par les auteurs et les créateurs, ils nous ont donné ces références-là mais on est parties de nous.

En quoi votre personnalité a-t-elle eu un impact sur vos personnages ?

Sonia Rolland : Béatrice a vraiment cette énergie dingue, elle a un débit de parole qui sert vachement son personnage, c’est une vraie mitraillette. Ce qui était compliqué pour mon personnage pouvait l’être aussi pour moi car quand on a une énergie comme la sienne à gérer, on doit amener de l’analyse, de la distance face à elle.

Béatrice de la Boulaye : En fait, elle essaye de me faire passer un message à travers ses interviews ! (rires)

Sonia Rolland : Au début, c’est vrai que comme on ne savait pas comment fonctionnaient l’une et l’autre, ça pouvait être déstabilisant pour moi parce que j’avais tendance à vouloir faire de la comédie comme elle, c’est-à-dire aller dans son énergie et risquer de me faire happer par cette énergie qui est facilement communicative. J’ai même été obligée de surjouer cette autorité parce qu’elle la surjoue au départ pour faire face à Gaëlle Crivelli.

Clément Rodriguez
Journaliste
clement@serieously.com

Je suis le fils spirituel de Jake Peralta (Brooklyn 99) & Roland (Plus Belle La Vie).
En ce moment, mon Snack&Chill idéal c'est des madeleines et du chocolat chaud devant Desperate Housewives.
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