Mare of Easttown : « C’est un vrai drame familial avec une belle part de mystère » (INTERVIEW)

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Portée par Kate Winslet et Guy Pearce, Mare of Easttown est diffusée sur OCS depuis le 19 avril. L’occasion pour Seriously de s’entretenir avec l’équipe de la série. 

Entre drame et série policière, Mare of Easttown suit les aventures de Mare Sheehan (Kate Winslet), inspectrice de police dans une petite ville américaine. Plongée dans une enquête sordide sur la mort d’une adolescente, cette dernière va devoir se débattre entre une vie professionnelle tortueuse et une vie personnelle qui l’est tout autant. Un itinéraire sombre et compliqué, parsemé d’embuches, de démons du passé mais également de belles rencontres. Ecrite par Brad Ingelsby, la série est réalisée par Craig Zobel et compte dans son casting Evan Peters, Angourie Rice ou encore l’acteur Guy Pearce, qui incarne Richard Ryan, l’amant de Mare.

Mare of Easttown
© HBO

Qu’est-ce qui vous a d’abord intéressés dans ce projet de série ?

Craig Zobel : Ce qui m’a plu dans ce projet, c’était ce thriller en surface, qui cachait en réalité l’histoire d’une femme confrontée au deuil. J’ai d’abord été très attiré par le fait que ce soit un vrai drame, doté d’une belle part de mystère. Ensuite, la deuxième chose qui m’a séduit était le personnage de Mare et la façon dont Kate désirait l’incarner. Il me semble que l’on voit davantage d’hommes dans ce genre de rôles et je trouvais intéressant de la voir jouer cela.

Brad Ingelsby : C’est ma première expérience de télévision et j’ai trouvé cela merveilleux. Je ne comprenais pas forcément la structure de ce format au départ et je pense avoir pris de nombreuses leçons tout au long du projet. Je crois cependant que ce que j’ai le plus apprécié dans ce processus est de pouvoir passer autant de temps avec ces personnages, car ce n’est pas un luxe dont vous pouvez profiter avec un film. J’ai donc vraiment aimé la globalité du projet.

Guy Pearce : Kate m’a appelé et m’a dit : « S’il te plait, viens faire ça ». J’imagine qu’elle en a d’abord discuté avec HBO avant pour s’assurer qu’ils étaient d’accord, mais c’est elle qui m’a contacté. On avait pris beaucoup de plaisir à jouer ensemble pour Mildred Pierce et je pense qu’elle ne m’aurait pas proposé le rôle de Richard si elle ne pensait pas que j’étais fait pour l’interpréter. Elle m’a ensuite donné une idée du personnage… Richard arrive dans la vie de cette femme et essaie de lui offrir de nouvelles perspectives. Tout le monde regarde Mare comme une personne à-même de régler les problèmes et je pense qu’il la voit différemment. Elle a l’impression que personne ne la regarde de cette manière. Personne ne la respecte comme lui, personne ne la trouve digne d’être aimée et c’était pour moi la chose la plus importante de cette histoire. Elle met ses besoins de côté tout au long de la série et je pense qu’il lui rappelle que ses besoins sont aussi légitimes que ceux des autres. C’est l’idée que j’ai eu de mon personnage dès le départ.

Mare of Easttown
© HBO

De quelle manière la série se différencie-t-elle des autres fictions du genre ?

Guy Pearce : Je pense que la dimension familiale très prononcée permet à la série de se démarquer. C’est en réalité un drame familial où la protagoniste se trouve être un officier de police. Je pense que ce qui était important pour Craig, Brad et Kate était vraiment de s’assurer que la série reste dans l’esprit de communauté, que ce soit facile pour les spectateurs de s’identifier. La plupart du temps, les séries policières donnent l’impression qu’il y a une vraie séparation entre la vie des victimes et celles des policiers. Dans Mare of Easttown, la police, c’est Mare, la femme au centre du drame familial et il y a quelque chose là-dedans qui est très intéressant.

Brad Ingelsby : Je pense que Mare est différente parce qu’elle est comme nous. Il n’y a rien de surhumain la concernant. Elle est têtue et brutale, mais elle ne possède pas de compétences extraordinaires qui font qu’elle voit des choses que les autres ne voient pas sur une scène de crime. Il n’y a rien de particulier chez elle et c’est un choix délibéré de notre part. Je pense que l’humanité de Mare est nouvelle et j’espère que le fait que l’on puisse facilement s’identifier à elle attirera les spectateurs et leur permettra de s’investir émotionnellement. Je pense donc que ce qui la différencie des autres policiers que l’on a pu voir à l’écran avant est le fait qu’elle soit simplement comme nous.

Mare of Easttown
© HBO

Comment Kate Winslet a-t-elle décroché le rôle ? Pensiez-vous à elle en écrivant la série ?

Craig Zobel : Kate a découvert l’histoire et s’est plongée corps et âme dans la série. C’est une des actrices les plus techniques que j’ai eu la chance de rencontrer. Son travail et son dévouement sont incroyables. C’est une comédienne qui travaille vraiment beaucoup et je dis cela de manière admirative. Je pense qu’elle a perçu le challenge dans le personnage de Mare et que cela l’a attirée. Elle a trouvé une manière de s’imprégner du personnage et de raconter son histoire avec sincérité. Je crois vraiment que c’est sa passion qui a fait la différence.

Brad Ingelsby : Je n’ai jamais écrit une histoire en pensant à des acteurs précis. Je compose avec des membres de ma famille, des amis, des personnes avec lesquelles j’ai vécu des expériences. Je pense que cela m’aide beaucoup car j’ai passé du temps avec eux, eu de nombreuses conversations avec eux, vu leurs réactions face à telles ou telles situations. Ce qu’il se passe en réalité, c’est que lorsqu’un acteur s’implique dans le développement du script, ce qui a été le cas avec Kate, le personnage prend véritablement forme. Et, j’ai donné la main avec plaisir à Kate, parce qu’elle était vraiment passionnée et dévouée. J’avais écrit le personnage d’une façon, mais il est devenu celui de Kate d’une certaine manière. C’est une sorte de passage de témoin. C’est d’ailleurs merveilleux la manière dont Kate s’est appropriée Mare et a fait des choses avec elle que je n’aurais pas été capable de coucher sur papier. Elle est parvenue à élever le personnage grâce à l’humour et je crois que ça a réellement aidé la série. Certains moments sont vraiment sombres et lourds, mais ils sont toujours équilibrés avec une dose de comédie qui permet au public de surmonter les scènes difficiles.

Le sujet de la maladie mentale a-t-il une résonance particulière pour vous ?

Brad Ingelsby : Oui, complètement. Mon fils a eu des problèmes similaires à ceux que peut rencontrer Andrew – le petit fils de Mare – dans la série. Nous avons donc dû faire face aux rendez-vous avec des neurologues et à ce que cela impliquait d’avoir un enfant en proie à ce genre de problèmes. Heureusement, dans mon cas, mon fils va très bien, mais cette expérience a vraiment été terrifiante, mais également enrichissante. Lorsque l’on y est confronté, on se pose beaucoup de  questions. A quoi cette situation ressemble-t-elle ? Quel futur peut-on imaginer ? Comment s’occupe-t-on d’un enfant qui souffre de ce genre de pathologie ? Le fait d’avoir traversé cette épreuve moi-même m’a permis de de mieux raconter l’histoire de Mare. Son personnage est confronté au fait qu’il y a des problèmes de maladie mentale qui se transmettent de génération en génération dans sa famille. Elle tente de gérer cela, de voir ce qu’elle pourrait faire mieux, car elle n’a pas vraiment réussi avec son fils. Elle a essayé et elle l’a aimé bien sûr, mais il y avait un certain point où Mare n’était plus capable de le comprendre et de faire face à la situation. Et je voulais explorer ça. Je pense que c’est un sujet important, en particulier aujourd’hui où c’est tellement prévalent. A l’époque où j’ai grandi, si tu étais triste, on te disait juste de faire avec, et maintenant, il y a un certain niveau de prise de conscience et d’engagement. Je pense que c’est un sujet qui était important quand j’ai écrit l’histoire et j’espère que ça le restera quand les gens regarderont la série.

Mare of Easttown
© HBO

A quel point la communauté présentée dans Mare of Easttown est-elle proche de la véritable communauté de la banlieue de Philadelphie ?

Brad Ingelsby : J’avais envie de raconter une histoire sur l’endroit où j’ai grandi. Et je n’ai pas grandi avec des policiers ou des affaires de meurtres, mais j’ai vécu avec ces gens et cette manière de vivre. Je pense donc que le rythme du quotidien et les rituels qui sont dépeints dans la série sont très similaires à ceux de mon enfance. De nombreux personnages sont d’ailleurs nés de personnes avec lesquelles j’ai grandi. Je pense qu’il y a un certain niveau d’héroïsme chez ces personnes qui se lèvent chaque matin pour aller faire un travail qu’elles n’aiment pas forcément. Chaque jour tend à être un acte d’héroïsme là-bas et j’espère avoir réussi à le montrer, car cela a été vraiment important dans le processus d’écriture.

La ville de la série n’existe pas vraiment, en revanche. En réalité, c’est un mélange de plusieurs communautés qui se trouvent autour du lieu où j’ai grandi. Donc le Easttown que vous voyez à l’écran n’est pas un reflet parfait du vrai Easttown. C’est une combinaison de différents lieux, qui se trouvent néanmoins tous dans la même zone. Tous les endroits dans lesquels nous avons tournés doivent se situer dans un rayon de 16 kilomètres autour du vrai Easttown.

Craig Zobel : On a essayé de faire transparaître à l’écran l’essence des endroits dans lesquels nous étions. Nous avons beaucoup tourné sur place et nous nous sommes ensuite beaucoup inspirés de ces lieux-là pour créer certains décors. Nous voulions vraiment nous assurer que le résultat serait le plus authentique possible, donc c’était important que tout le monde vienne avant le début du tournage et se promène en ville, dans les magasins et aille au bar écouter les gens discuter. Tout ça était essentiel, car Easttown est vraiment une partie majeure de la série.

Retrouvez Mare of Easttown le lundi sur OCS, disponible avec CANAL+.

Alexia Malige

Alexia Malige

Journaliste

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