De Wonder Woman à Supergirl : l’évolution des super héroïnes dans les séries

1 mars 2019 - 13h50

Les super héroïnes continuent d’affluer dans les séries. Quasiment inexistantes auparavant ou présentes en pointillés, elles sont pourtant presque impossibles à ignorer dorénavant à la télé.

À l’occasion de la sortie en DVD et Blu-ray de la saison 3 de Supergirl, Serieously vous propose de revenir brièvement sur l’évolution de ces femmes de (super) pouvoirs dans les séries.

Dès 1975, sur quatre années et 60 épisodes, les fans américains du petit écran délaissent ses cowboys et flics à grosses bagnoles pour se laisser happer par les aventures d’une figure majeure féminine de la télévision : Wonder Woman, incarnée par Lynda Carter. Pour une fois, elle est l’héroïne et n’est pas reléguée au rang de glamour bras droit d’un héros bronzé. Elle est au cœur de l’intrigue et la règle seule. Les années 70/80 restent majeures pour l’avènement des super héroïnes.

Charlie et ses drôles de dames étaient certes sans pouvoirs, mais restaient des flics undercover, employées par un homme riche mais menaient le cap de leurs enquêtes. Lynda Carter quant à elle, est devenue une icône avec ses tenues full glitter et son lasso magique. L’actrice Gal Gadot reprendra au cinéma le rôle culte après 40 ans de vide pour Wonder Woman. Les franchises permettront l’éclosion de ces super héroïnes. Mais d’autres commenceront à se révéler plus subtilement dans les séries…

Des super héroïnes entourées

En 2018, le site web COS sort un article qui revient sur le succès et l’intelligence de la série Supergirl qui débarque sur le petit écran en 2015. Cette année a notamment marqué l’arrivée de Jessica Jones, héroïne border et sans filtres, loin des costumes moulants et du bronzage californien de Lynda Carter. Une proposition se fait. Selon l’article, cette évolution est surtout frappante car ces héroïnes sont surtout mises en avant pour leur empathie, leur besoin de rendre un service pour la société grâce à leur pouvoir.

Kara chercherait à utiliser ses pouvoirs « Supergirl a le sentiment de revenir à l’idée que les super-héros sont des modèles de moralité plutôt que de simples héros d’action », selon COS. Les super héroïnes, à l’instar de Supergirl (incarnée par Melissa Benoist) montre également le besoin d’être entourées d’autres femmes pour évoluer et mener à bien leur destin. Les super héros masculins comme Batman chez Christopher Nolan nous habituaient à un héros avide de solitude pour réussir son dessein. Supergirl est sociable et a besoin des autres.

Moins de sexualisation, plus de pragmatisme dans la réelle fonction des super héroïnes. Superman (Tyler Hoechlin) n’est pas non plus inexistant puisque celui-ci apparaît dans la deuxième saison de la série, mais reste en retrait et demeure un complément de Kara, ni plus ni moins. Et c’était franchement une nouveauté.

De la force et de l’action

Starfire, aka Anna Diop dans Titans chez DC a également été un changement majeur. L’actrice a rendu son personnage beaucoup plus fort, voire cruel que dans les comics et a montré une héroïne ultra puissante, forte physiquement en mentalement, ennemie de sa propre sœur Blackfire, et ne cherche pas l’empathie des spectateurs.

Sara Lance aka White Canary (Legends of Tomorrow) marque également son passage d’une pierre blanche par sa personnalité, franche, ultra indépendante (on retrouve l’esprit DC) et également bisexuelle, une avancée dans la représentation de ces nouvelles super héroïnes, largement éloignées des comics écrits des décennies auparavant.

La super normalité et les super pouvoirs

A contrario, dans la série britannique Misfits sortie en 2009, on peut y découvrir Antonia Thomas dans le rôle d’Alisha, une délinquante qui découvre avec ses compagnons qu’elle détient des pouvoirs qu’elle ne maîtrise pas. On propose cette fois aussi de mettre en lumière des super héroïnes qui s’ignorent et qui n’ont à la base, « rien de spécial ».

Jessica Jones côté Marvel, n’a pas vraiment de côté apaisé, elle est dure, parfois odieuse, ne justifie pas ses pouvoirs par de l’empathie, n’a jamais voulu être une héroïne et se garde de le devenir. Elle qui a subi des expérimentations, n’a pas demandé ces pouvoirs. Les super héroïnes peuvent même remettre en question ce qui a été considéré longtemps comme un don. Ces pouvoirs devenant une sorte de malédiction.

Cette nouveauté, montrer des girls next door avec des pouvoirs magiques permet d’ouvrir encore une possibilité de rôles pour ces actrices et d’élargir le spectre des super héros par la même occasion. Spectre qui continue encore à ce jour de s’élargir encore un peu plus…

La saison 3 de Supergirl est dorénavant disponible en DVD et Blu-ray 

Hannah Benayoun
Journaliste
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Fille spirituelle de - Leslie Knope (Parks and Recreation) & Thomas Shelby (Peaky Blinders)
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