Euphoria : Zendaya et Sam Levinson, « je pense que la série va ouvrir un dialogue » (Interview)

15 juin 2019 - 20h01

Euphoria commence dimanche 16 juin sur HBO et sera diffusée sur OCS le lundi suivant en US+24. Alors avant de pouvoir découvrir la nouvelle teen série événement, la rédac de Serieously vous propose de lire notre interview avec le créateur du show, Sam Levinson et la star principale, Zendaya (Rue Bennett).

Dans les années 90, un teen show ressemblait à Dawson ou Beverly Hills et si Euphoria représente la génération d’aujourd’hui, qu’est-ce que cela dit de cette génération ?

Sam Levinson : Je pense qu’avec les avancées d’internet et la façon avec laquelle les relations sont en quelque sorte passées de la réalité au virtuel, qui n’est qu’une version de la réalité, cela devient de plus en plus dur de représenter tout ça dans des films ou à la télévision. Surtout parce qu’on nous dit souvent qu’on ne peut pas dire ou montrer certaines choses. Et aussi, c’est dur de dépeindre internet parce que c’est un média complexe. Donc on n’a pas essayé de représenter internet mais plutôt de montrer de quelle façon il a changé le monde dans lequel on vit. Je pense aussi que c’est pour ça que c’est plus dur d’une certaine façon. Je pense également que si l’atmosphère entre ces deux générations est si différente c’est parce que les choses vont si vite maintenant.

Vous pensez que c’est plus dur d’être un adolescent aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans ?

Sam Levinson : Je pense oui. Je ne suis pas anthropologiste ou quoi, mais je crois oui. Je pense que la pression et l’idée de devoir gérer, non seulement qui on est dans la réalité, mais aussi gérer un personnage virtuel en même temps, quelque chose qui se mesure en likes, en commentaires, j’imagine que c’est beaucoup. Un gros poids à porter.

Qu’est-ce que cette génération peut tirer comme message d’Euphoria ?

Sam Levinson : Je pense que c’est plus au niveau du dialogue que cela va créer. J’ai commencé en écrivant à propos de mon expérience personnelle de l’anxiété et de l’addiction à la drogue et j’ai fini par créer tous ces autres personnages et ce monde dans lequel Rue vit. Je ne suis pas parti d’une idéologie que je voulais faire passer au public. Mais je veux que les téléspectateurs aient de l’empathie pour ce que les jeunes traversent de nos jours et qu’ils ne se disent pas juste « oh regardez ces ados narcissiques accros à leurs téléphones ». C’est le monde qui existait quand ils sont arrivés, celui que leurs parents ont créé. L’importance de la communication et avoir de l’empathie les uns pour les autres sont deux choses qui j’espère ressortiront de la série.

Avez-vous peur que certaines s’identifient trop à Rue et veuillent être « comme elle » ?

Zendaya : Je ne pense que les gens voudront ÊTRE Rue. Je pense que les gens auront de la compassion pour Rue, les gens voudront la protéger, la soutenir et qu’elle s’en sorte. Mais ce qui est important avec ce personnage est qu’il n’est pas inventé, il n’est pas entièrement fictif, parce que c’est Sam. Et beaucoup d’éléments de Rue viennent de lui et que vous le vouliez ou non c’est la vérité.

Sam Levinson : Je ressens une certaine responsabilité vis-à-vis de ce qu’on met à l’écran et de la façon dont on représente la drogue, parce que je ne veux pas que quelqu’un vive ça, je ne veux pas donner envie de prendre de la drogue. Mais je pense que ce qui est vraiment important quand on parle de drogue honnêtement, c’est qu’il y a une raison pour laquelle c’est si addictif, une raison pour laquelle on est attiré par ça. Et l’une des choses qui me tenait à cœur dans la représentation de ce personnage, et vous le voyez dans l’épisode 2, c’est « je sais que je ne suis pas censée le dire mais les drogues peuvent être très fun », enfin jusqu’à ce qu’elles foutent votre vie et votre famille en l’air. Et vous voyez l’impact que ça a sur la famille [de Rue, ndlr]. C’est juste une réalité, les drogues peuvent être très fun, mais elles détruiront votre vie et celles de vos proches.

Y a-t-il une raison particulière pour laquelle votre personnage est une fille ?

Sam Levinson : Mes alter-égos sont toujours femmes, cela a toujours été comme ça. Je pense que c’est plus facile pour moi de créer un lien émotionnel de cette façon. Et puis ça me permet de mettre un peu de distance aussi, et de ne pas me laisser prendre dans les détails. De cette façon, je peux offrir une histoire un peu plus universelle.

Propos recueillis par Marion Le Coq

Marion Le Coq
Journaliste
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Je suis la fille spirituelle de Veronica Mars & Ragnar (Vikings).
En ce moment, mon Snack&Chill idéal c'est une pizza et du vin devant Friends.
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