Tropiques Criminels : Arié Elmaleh, « Comme Franck, je suis un musicien raté » (INTERVIEW)

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Diffusée sur France 2 jusqu’au 12 mars 2021, la saison 2 de Tropiques Criminels offre une seconde vague d’enquêtes palpitantes dans les Antilles. L’occasion pour Serieously d’échanger avec Arié Elmaleh, nouvel acteur de la série. 

Alors que la Commandante Sainte-Rose (Sonia Rolland) et la Capitaine Crivelli (Béatrice de La Boulaye) mènent la danse depuis le début de Tropiques Criminels, un nouveau personnage vient perturber le fameux binôme de choc dans la saison 2. Ex-mari bohème de Mélissa, Franck (Arié Elmaleh) débarque sur l’île de la Martinique avec la ferme intention de passer du temps avec sa famille, mais aussi et surtout d’oublier ses problèmes grâce aux paysages paradisiaques des Antilles.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans Tropiques Criminels ?

Ce qui m’a plu, c’est le ton de la série. Il y a un mélange d’intrigue et de comédie dans un décor exotique et atypique. J’aimais également beaucoup le duo formé par Béatrice et Sonia et comment la série était jouée. Ça m’a tout de suite plu et je me voyais bien coller à ce ton-là.

Connaissiez-vous déjà la Martinique ou avez-vous découvert l’île grâce à la série ?

Non, je ne connaissais pas du tout et j’ai été ravi de découvrir en travaillant. C’est magnifique ! C’est vraiment beau et c’est très riche, très complexe socialement parlant. Ça m’a permis de comprendre un peu les Martiniquais, les Antillais que j’avais rencontrés auparavant. J’ai pu me familiariser avec la culture et c’est hyper important, parce que c’est une partie de la France qu’on connaît assez peu ou mal et on en a souvent des a priori. J’étais très heureux de bosser là-bas.

Comment décririez-vous Franck, le personnage que vous interprétez dans Tropiques Criminels ?

Franck, c’est une espèce de parasite. C’est un type qui bosse sans vraiment bosser, qui vit aux crochets des autres, qui n’a pas une grande confiance en lui, mais qui a pour lui d’être sympathique et bienveillant. Il veut faire du bien autour de lui, mais il n’est pas bon pour ça. Ce n’est pas un type qui a le sens des responsabilités. Je me demande bien pourquoi on me confie ce genre de rôles (rires). Je suis quelqu’un de très responsable dans la vie !

C’est un type qui vit au présent. Il ne se soucie pas des projets ni de l’avenir. Je me suis beaucoup amusé à jouer ce personnage. Je l’ai joué un peu comme je suis, moi. Je suis quelqu’un de spontané et je suis également musicien. Et Franck, c’est un musicien un peu raté, comme moi. Je ne vais pas dire que je suis passé à côté d’une grande carrière, mais j’aurais pu faire de la musique à un moment donné et voilà, ça m’a servi à interpréter ce personnage.

Tropiques Criminels Arié Elmaleh
© France Télévisions

Le rôle de Franck se rapproche d’ailleurs du personnage de Benoît dans Dépression et des potes de Arnaud Lemort

C’est vrai ! Exactement ! C’est un peu le même genre. Le musicien qui n’arrive pas à se réaliser. Benoît était un peu plus responsable quand même… Eh bien Franck, c’est Benoît 15 ans plus tard (rires). C’est vrai que c’est un peu une continuité. C’est marrant comme dans la vie, on aspire à des choses, à des rôles qu’on voudrait interpréter, mais en fait, je me rends compte que la vie décide un petit peu pour nous. Il faut se laisser un peu porter par ce qu’on projette sur nous. Pendant longtemps, j’ai essayé de résister à ça. C’est-à-dire que ce que l’on projetait sur moi, je ne l’acceptais pas forcément. On m’a souvent collé le bon gars, le gars gentil, le mec un peu irresponsable et ça me posait un problème. Encore aujourd’hui, c’est le genre d’a priori qu’on a sur moi. J’ai fini par l’accepter et je m’en porte beaucoup mieux. J’embrasse cette nature que j’ai, que je dégage, et je suis beaucoup plus heureux dans le travail que je fais. Ça a changé mon rapport à ce métier.

Dans la série, vous avez l’occasion de chanter et jouer de la guitare. Est-ce que ça a été une motivation supplémentaire pour accepter le rôle ?

Oui, carrément. On m’écoute chanter, enfin ! (rires) Aujourd’hui, je suis un peu plus pragmatique, j’essaie d’aller vers ce qui est plus évident pour moi et où je me dis que je vais être bon. Ce n’est pas pour me jeter des fleurs, mais je vais vers les choses qui me correspondent. Je suis plus attiré par ça.

Comment s’est passée votre arrivée sur le tournage de Tropiques Criminels ? La rencontre avec les autres acteurs ?

Très bien ! Il y a une équipe très soudée. Il y a une espèce de famille, qui a l’habitude de bosser ensemble. Quand vous êtes reçu chez les gens pour un dîner, ce qui fait que vous vous y sentez bien, c’est la maîtresse de maison, c’est la façon dont on va vous accueillir. Et là, je m’y suis tout de suite senti bien. Béatrice et Sonia sont des partenaires exceptionnelles. Ce sont des personnes très généreuses et on a très vite formé une famille. J’espère que ça va durer.

Quel a été le plus gros challenge pour vous sur cette série ?

De résister à la chaleur (rires). Je n’ai jamais eu aussi chaud de ma vie ! C’était horrible ! Il faisait 37 degrés à 8 heures du matin, sans déconner ! Pourtant, j’ai grandi au Maroc, j’ai connu des canicules, mais je ne connaissais pas la chaleur tropicale et ça, c’était un challenge. D’autant plus que je portais un perfecto très serré. On m’a dit : « Mais t’es sûr, il fait chaud là-bas », et moi j’étais là : « T’inquiète, je viens des pays chauds, j’ai grandi au Maroc, t’inquiète pas, la chaleur, je connais ». Et je peux vous dire que sur place, c’était une autre paire de manches. Je dois être une vieille personne… Enfin voilà, il faut souffrir pour être beau. (rires)

Tropiques Criminels aborde des thèmes importants, est-ce qu’il y en a un qui vous a particulièrement touché ?

Des sujets qui me tiennent à cœur, oui. Je suis pour le respect de l’environnement, je suis contre la souffrance animale, mais quand je joue dans une série policière comme ça, je ne me pose pas du tout ces questions-là. Je n’ai pas l’impression de faire un acte militant. L’écologie, par exemple, c’est un parcours personnel à mon sens. Je ne joue pas pour m’engager dans des causes. Je n’aime pas trop l’exposition du militantisme, ça m’embarrasse.

Quels sont vos nouveaux projets pour les mois à venir ?

Alors je vais être très honnête, je ne sais pas. Je me laisse porter, comme tout le monde. La grande difficulté de cette crise, c’est de ne pas savoir. Je fais confiance à la vie, ça finira par passer.

Retrouvez également notre interview de Sonia Rolland, puis celle de Beatrice de La Boulaye.

Alexia Malige

Alexia Malige

Journaliste

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