Sex Education, Everything Sucks… Ces teen séries qui parlent de vrais problèmes d’ados

Février 5, 2019, 3:39

Tout le monde regarde les teen séries pour deux raisons : pour s’évader, ou s’y retrouver. On en parle souvent mais ces séries ont aussi un problème avec le réalisme. Cependant, beaucoup de showrunners et créateurs tentent de rectifier le tir et de proposer des séries qui parlent d’une adolescence plutôt concrète, pas rose, avec de vrais enjeux et des problèmes qui concernent tout le monde.

Oubliez Riverdale ou Gossip Girl, voici des séries qui s’attaquent à une VRAIE adolescence et son lot de réflexions qui suivent.

Sex Education 

Exemple le plus brillant, la sexualité. Alors que beaucoup de teen séries traitent de la sexualité comme quelque chose de très binaire : on est populaire donc on a aucun problème avec sa sexualité et on chope plein de collègues du lycée ou on l’est moins et on galère forcément à coucher, Sex Education propose autre chose. Une exploration ultra barrée, très cul, mais néanmoins honnête de ce qu’est la découverte de la sexualité à l’adolescence : un voyage en 1ère classe dans le doute et l’exploration des sens avec tout le plantage que ça implique. Problème d’érection, de jouissance, de connaissance de son corps et de consentement. Prenez tout ça, mélangez savamment et vous obtiendrez le dernier cocktail que tout le monde s’arrache : Sex Education.

Daria

Malgré ce que beaucoup imaginent, Daria a longtemps été considérée comme une teen série. Daria incarnait tout ce que l’on ne voyait que trop rarement dans les séries, une teenager qui ne tient pas forcément un journal rose fermé avec un cadenas, mais une ado qui sur-analyse sa condition d’élève et d’aînée de la famille. Daria mettait en avant les aléas de l’adolescence, période qui semble être une interminable solitude où seul le cynisme permet de s’en échapper !

Skam

La série norvégienne qui a son adaptation française depuis quelques temps a réussi à rassembler une fanbase très importante, voire énorme. Le lieu est un lycée tout ce qu’il y a de plus normal avec des ados qui n’ont pas une garde robe irréaliste (coucou Gossip Girl), vont en cours POUR DE VRAI (hein, Riverdale ?) et explorent leur scolarité au fil des rencontres amoureuses et amicales. Le hic, on ne met en scène qu’une jeunesse plutôt favorisée, qui n’a pas vraiment de problèmes d’argent et qui semble filer droit. Cependant, le traitement de l’identité de soi reste réussi et la variété des personnages permet de s’identifier facilement.

My Mad Fat Diary

La maladie mentale chez les ados est un sujet moyennement traité dans les séries pour teens mais le bijou britannique My Mad Fat Diary a su s’attaquer au projet avec pas mal d’intelligence. Rae sort d’un hôpital psychiatrique, où elle a passé 4 mois pour s’être auto-mutilée, et sa sortie est un véritable parcours du combattant. Se réadapter à ses amis, affronter le regard des autres, gérer son poids, s’envoyer en l’air avec des mecs qui lui plaisent et lutter contre une mélancolie qui est chronique chez elle.

Everything Sucks!

On ne fera jamais assez notre deuil. Mais Everything Sucks! a eu le mérite de se plonger dans l’adolescence avec pas mal d’honnêteté, même avec une seule saison. Dans la veine des teen séries plutôt réalistes, elle se concentrait sur les marginaux, celles et ceux qui n’ont pas l’habitude d’être adulés dans les teen shows ? Pas de vampires au torse reluisant, juste des ados, on ne peut plus normaux, qui débarquent au lycée pour leur première année et qui doivent vraiment dire au revoir à leur enfance, pour de bon. Le fiasco guette… Comme pour tout le monde !

Angela, 15 ans

Angela 15 ans ou en anglais My So Called Life, explore la vie d’Angela qui représente l’angoisse de tous les ados. Faire des choix, se tromper, miser sur des personnes qui n’en valent pas la peine. Les interprétations ultra justes et précises de Jared Leto et Claire Danes ont mis en lumière tout ce que peuvent traverser les ados, de la solitude à des choix malheureux et parfois, l’inconscience des parents.

Dawson 

Dawson, pionnière du genre, a su rendre la teen série éminemment réaliste et concrète. On peut parler de la découverte de l’homosexualité de Jack. La mère de Joey, quant à elle, est morte d’un cancer quand elle était petite et elle doit se débrouiller pour aborder sa vie de jeune femme sans les conseils d’une maman. La découverte de la sexualité, les rapports aux corps sont sensiblement proches de la réalité et la série a su allier réalisme fort et véritable tendresse pour ses personnages. La jeunesse, sans arme, ni haine, ni violence : voici Dawson, la base des bases.

Awkward

Comme son nom l’indique Awkward peut être TERRIBLEMENT awkward, autrement dit gênant. On suit Jenna, qui à la suite d’un malencontreux quiproquo devient : ‘une ado qui a tenté de mettre fin à ses jours’. Ce terrible mensonge traité à la fois de manière drôle et atrocement embarrassante met en lumière tous les outils et parades que l’on peut mettre en avant pour devenir le centre de l’attention au lycée, ou être aimé(e). Se servir de mensonges, de rumeurs ou même les commencer, beaucoup l’ont fait ! Alors attention, ici tout est traité à l’extrême, mais c’est ce qui donne le ton de la série, si… Awkward.

Veronica Mars

Même si les détectives adolescents ne courent pas les rues, la série Veronica Mars avait pour mérite de traiter la vie adolescente au lycée de manière assez réaliste, entre celles et ceux qui possèdent beaucoup et les « have nots » comme l’explique le site thewhisp et qui constituent la plus grande part des élèves dans les lycées américains. La teen série qui compte des millions de fidèles a su également évoquer avec franchise le meurtre adolescent, l’abus sexuel sur mineur et les traumatismes liés.

13 Reasons Why

On peut dire que 13 Reasons Why aura fait couler beaucoup d’encre. Le thème du suicide adolescent, engendré par une multitudes de facteurs au lycée et dans la vie personnelle d’une étudiante, Hannah, a provoqué des remous aux États-Unis. Le réalisme dans les interactions entre les élèves, parfois poussé à l’extrême d’ailleurs, a eu le mérite de mettre à plat beaucoup de sujets. Le harcèlement avec un grand H, celui dont on ne se relève parfois pas au lycée, la culture « jock » liée aux athlètes tout puissants dans la culture américaine, entretenant le viol et la violence en général. Autre sujet abordé de manière très frontale dans la série : le silence et l’impuissance des adultes.

On a discuté de la série avec Justin Prentice qui incarne Bryce Walker. Pour retrouver l’interview complète, c’est juste ici :

Hannah Benayoun
Journaliste
Fille spirituelle de Leslie Knope dans Parks and Recreation et de Thomas Shelby des Peaky Blinders.
Let them binge parfait: regarder Friends avec une girafe, mais clairement je ne l'ai jamais fait.